mercredi 25 janvier 2012

Lectures: évasion....

 

Quoi de mieux pour s'évader d'un quotidien pas toujours rose et quand on n'a pas les moyens ou la possibilité de quitter son traintrain habituel que de se plonger dans la lecture d'un bon livre!

Voici donc mes voyages littéraires de ces derniers mois.

  •  Le jardinier de Metlaoui de François-G Bussac.
 (préface d'Ali Bécheur, écrivain tunisien de langue française)

L’auteur, nouvelliste et familier  de la diplomatie culturelle, fait dans cet ouvrage le récit de la vie de son grand-père Henri Wiesser qui a longtemps vécu en dans le sud tunisien, à Metlaoui où il travaillait pour la Compagnie des phosphates.
Pendant toute sa vie et durant toute sa carrière, celui-ci a tenu un journal détaillé de sa existence au fin fond de la Tunisie au temps du protectorat français. Il y conte avec force détails son travail, souvent ingrat, tout entier consacré à la très puissante Compagnie des phosphates de Gafsa, ses voyages lors de ses vacances jusqu’en Russie notamment, sa vie de famille , ses bonheurs et ses douleurs et tous les événements, grands ou petits, qui ont secoué le vingtième siècle.
Pour supporter une vie parfois très dure dans un environnement hostile et aride aux confins du désert, H.Wiesser , passionné de jardinage autant que d'écriture, avait réussi à créer un petit  jardin auquel il consacrait la plupart de ses loisirs et qui lui permettait de se ressourcer dans cette région au climat très rude.

François Bussac a eu l'idée de ce roman après avoir retrouvé dans une vieille malle tous les cahiers d'écolier que son grand-père avait noirci durant sa longue vie. Pour écrire ce livre de souvenirs et de mémoire, l'auteur est venu en Tunisie afin de retrouver les traces de son ancêtre.

  • Le cadavre anglais de Jean-François Parot

L'auteur, J-F Parot , ambassadeur et spécialiste du XVIIIème siècle, a créé un personnage, le commissaire Nicolas le Floch, qui nous plonge à travers ses enquêtes au cœur des intrigues de cour et de rues dans le Paris de Louis XV et Louis XVI.
Grâce à son style "très vieille France" et au contexte historique très documenté sur cette époque,  nous quittons ce siècle pour nous retrouver avec plaisir plus de 200 ans en arrière. Le personnage du commissaire Le Floch est attachant et les intrigues policières bien menées.
Un série télévisée a été réalisée et l'adaptation de ces romans policiers historiques sont assez fidèles aux ouvrages de J-F Parrot.
  • Du sang sur la soie de Anne Perry.
 Ce roman nous emmène dans la Byzance du XIIIème siècle ou l’héroïne, Anna Zaridès, doit, pour pouvoir exercer sa profession de médecin à Constantinople  se travestir en eunuque.
A travers son parcours, nous découvrons les passions et les ambitions de nombreux personnages historiques de cette époque qui sont partagés entre le pouvoir et les richesses perdues après la destruction d'une partie de la ville par les Croisés en 1204 et l'obsession du sacrifice au nom de leur foi au croisement des civilisations orientale et occidentale.

  • Le paradis du néant de Zoé Valdès

Zoé Valdès, écrivaine cubaine, utilise un humour féroce mêlé de  beaucoup de mélancolie pour décrire l'exil et le coût de la liberté. Elle dresse dans ce roman un portrait haut en couleurs et parfois très cruel d'émigrés politiques ou économiques réfugiés à Paris après avoir fui leur pays . Grinçant par moments, ce livre éveille bien des souvenirs à tous les exilés ou expatriés , volontaires ou non, qui doivent se reconstruire une vie dans un autre pays que le leur.




lundi 16 janvier 2012

Tunisie: 2011: "Dégage": l'euphorie. 2012: un an après: le désenchantement!

Tout juste un an après l'éviction du despote qui a asphyxié le pays pendant 23 ans, que reste-il de l'enthousiasme, des espoirs et de la fierté de la jeunesse qui avait permis cet événement?

  • La fierté? Surement et avec raison. Peu de pays avait aussi rapidement mis en déroute un régime dictatorial .
  • Les espoirs d'une vie meilleure? Beaucoup de déceptions: le chômage atteint des taux records, la pauvreté est de plus en plus criante dans certaines régions.
  • La démocratie? Un rêve qui semble s'éloigner depuis les premières élections libres et pluralistes qui, pourtant, concrétisaient tous les espoirs!
  • L'économie? En chute libre! La flambée des prix paupérisent encore plus les classes sociales à petits revenus. Les grèves sauvages et les sit-in incessants paralysent tous les secteurs d'activité. De ce fait, de nombreuses entreprises étrangères quittent le pays et plusieurs entreprises locales sont à l'arrêt et en cessation de paiement.
  • La sécurité? De moins en moins présente.
  • La liberté d’expression? Un des seuls points positifs de l'après-révolution. Les langues se sont déliées, les gens osent enfin parler et critiquer. La presse et les médias sont moins muselés et les réseaux sociaux et internet permettent de grands débats et échanges d'idées. Mais, cela durera-t-il? Question angoissante pour beaucoup.

Malheureusement, beaucoup anciens opposants aux régime sont rentrés au pays avec la ferme volonté de prendre le pouvoir par n'importe quels moyens et ainsi  se venger de dirigeants qui les avaient humiliés, emprisonnés et exilés.

Les progressistes et les démocrates, trop surs d'eux et surtout trop divisés, sont restés aveugles et sourds aux signaux pourtant de plus en plus perceptibles de la montée en force des partis islamistes, qui eux ont "mouillés leur chemise" (ce mérite, il faut leur laisser, même si c'est grâce à l'argent des régimes obscurantistes des pays du golfe persique, à la démagogie et au "lavage de cerveaux" des pauvres et des couches sociales en grande précarité).

Et les urnes ont parlé en leur faveur!
Et, patatras, le lendemain des élections, nous nous sommes réveillés "groggy" et pour certains, incrédules devant une percée aussi spectaculaire.

Et sur ce pays, le plus progressiste des pays arabes, multiculturel depuis des millénaires, tolérant et ouvert, semble tomber une chape de plomb religieuse , obscurantiste et rétrograde.
La division est de plus en plus marquée entre les modernistes et les islamistes qui veulent imposer leurs diktats religieux à la société civile. Dans la Tunisie moderne où , grâce à son premier président, Bourguiba, la femme avait les mêmes droits (sinon plus) que les pays occidentaux et démocrates, on rencontre de plus en plus de femmes en niqab (qui n'a pourtant jamais fait partie de la culture tunisienne ) et de salafistes barbus!

Le gouvernement provisoire, à majorité islamiste, sans expérience du pouvoir et de la gestion d'un pays en crise, patauge lamentablement et ne semble s'occuper que de questions "anecdotiques" ayant trait à la religion plutôt que de se pencher sur les dossiers urgents pour redresser le pays!
La majorité des hommes politiques ne semblent agir que dans leur intérêt personnel: le pouvoir à tout prix.
Clientélisme, népotisme, passe-droits et corruption à tous les étages sont les maîtres mots des gouvernants actuels.

Et la grande question qui hante les esprits est bien sûr celle de l'avenir du pays.
La Tunisie va-t-elle glisser d'un régime despotique et mafieux à une dictature religieuse, le pire régime qui soit car le plus rétrograde et obscurantiste? On est en droit de se le demander avec inquiétude au vu des alliances  que nouent les nouveaux dirigeants avec les pays du Golfe (les moins démocrates et progressistes tel le Qatar) et leurs inépuisables pétrodollars.





samedi 17 décembre 2011

Perplexité, interrogations.

Il y a tout juste un an, l'immolation d'un habitant de Sidi Bouzid provoquait la révolte du peuple tunisien, principalement de la jeunesse excédée par des années de dictature et de spoliation de son avenir.
Très rapidement, sans leader de quelque obédience que ce soit, elle arrivait à chasser le despote qui l’opprimait depuis 23 ans!
Tous les espoirs étaient alors permis. La parole était libérée (alors que toute opposition verbale ou dans les actes avaient été très durement réprimée). Un grand souffle de liberté parcourait toutes les couches de la population. Chacun pouvait enfin s'exprimer, débattre sans risque d'être sanctionné. Tous, nous rêvions d'un avenir meilleur et de démocratie après de si longues années de dictature!

Les opposants à l'ancien régime étaient libres de revenir, un nouvel horizon semblait s'ouvrir.....
Un an après, que reste-il de ces espoirs?
Des élections, pour la première fois plurielles, ont été organisées et l'enthousiasme de pouvoir enfin exercer un droit démocratique était grand. Une nouvelle constitution devait être élaborée et le multipartisme était enfin permis.

Mais les vieux démons n'étaient pas morts et ceux que les urnes ont désignés semblent vouloir, tout comme leurs prédécesseurs, mettre leur emprise sur le pays et ,dès lors, la crainte de l'instauration d'une nouvelle dictature ( peut-être encore pire, car religieuse et obscurantiste) est de plus en plus présent.


La Tunisie dans laquelle je suis arrivée à l'âge de 20 ans en 1969 était un des pays musulmans les plus progressistes de l'époque grâce à son leader Bouguiba, despote lui aussi, mais despote éclairé!
Et, chose la plus remarquable et la plus importante,  la tolérance y régnait.

Moi, l'étrangère que leur fils avait choisi, j'ai été accueillie à bras ouverts par une famille pourtant traditionaliste et religieuse mais très tolérante. Mes beaux-parents auraient pourtant certainement préféré une femme musulmane pour leur fils unique... mais ils ont respecté son choix et m'ont acceptée comme leur fille.

Cela m'a beaucoup aidé à m'habituer et à m'intégrer dans un pays au mode vie totalement différent de celui que je connaissais. Et malgré le déchirement de quitter mon pays d'origine et ma famille, j'ai réussi à faire ma vie en Tunisie. Par respect envers ceux qui m'accueillaient, je me suis pliée à certaines coutumes, même si elles me paraissaient parfois difficiles, mais jamais je n'ai dû renoncer à mes convictions profondes, à ma façon d'être ou de penser. De plus, grâce au régime bourguibien et au code du statut personnel de la femme qu'il avait instauré, j'ai joui depuis mon arrivée d'une aussi grande liberté dans mes choix et mes options de vie que celle que j'avais en Belgique, et ce sans aucune stigmatisation ni remarque désobligeante de quiconque du fait que je n'étais pas de la même religion (j'insite sur ce point!).

Après plus de 40 ans passé ici, je considère que je suis aussi tunisienne que belge et je pensais que je pourrai, après avoir trouvé ma place ici, même si mes racines belges restent profondément ancrées en moi, pouvoir passer la fin de ma vie tranquillement et dans le même esprit de tolérance et de liberté personnelle.

Malheureusement, depuis le résultat des élections, je ressens pour la première fois un climat de suspicion , de mépris parfois de certain(e)s , d'insécurité même.....
Je ne suis d'ailleurs pas la seule dans ce cas. Plusieurs de mes amies européennes, très bien intégrées ici depuis de nombreuses années, ont le même sentiment.
La montée d'un courant islamiste rétrograde et intolérant me fait craindre (pas tellement pour mon avenir qui est plutôt derrière moi à l'âge que j'ai) mais surtout pour mes enfants et petits-enfants un recul de la liberté et de l'ouverture sur le monde extérieur.

Comment peut-on avoir confiance dans un gouvernement et des dirigeants qui mêlent politique et religion?
Comment croire à un islamisme modéré alors que ces hommes et femmes qui vont tenir les rênes du pays laissent sans condamnation des exactions commises par des salafistes, au nom d'une religion mal comprise et mal interprétée ?
Comment peut-on faire confiance à des nouveaux dirigeants qui ont, dans la période transitoire entre leur retour et leur accession au pouvoir, retourné leur veste plusieurs fois ?
Comment croire à leurs paroles lénifiantes et contradictoires alors qu'ils montrent presque tous un appétit dévorant pour le pouvoir?
Comment, dans un pays exsangue économiquement après les pillages des mafieux de l'ancien régime et une année de transition agitée par des grèves incessantes et un arrêt de la production dans beaucoup de secteurs, peut-on espérer un redressement rapide, alors que tous les grands ministères ont été "offerts" à des gens sans expérience et pour certains d'esprit rétrograde et moyenâgeux?

Bref, beaucoup de questions anxiogènes qui minent l'euphorie ressentie après les espoirs engendrés par le printemps arabe!

lundi 28 novembre 2011

Overdose!!!!

Depuis la révolte (je préfère ce terme à celui de révolution) contre le dictateur et sa famille mafieuse et qui a abouti à son éviction grâce au sacrifice d'un petit nombre, la Tunisie est atteinte d'une nouvelle maladie que j'appellerai "politologite aigüe".

Elle se répand à la vitesse d'un feu de broussailles dans pratiquement toutes les couches de la société et particulièrement à travers les réseaux sociaux.

Chacun (spécialiste du domaine ou pas) y va de sa petite interprétation et c'est à qui diffusera le plus d'informations contradictoires (vérifiées ou non) qui sont alors commentées par tous.

Si je comprends tout à fait l'envie de tous de pouvoir enfin s'exprimer librement après des années de "muselage" de la parole et de l'information pendant  et que moi aussi je suis gagnée parfois par ce désir de débattre et de donner mon avis, je commence, après plusieurs mois de cette déferlante,  à ressentir un ras-le-bol, une indigestion, bref une overdose.

  • Ras-le-bol des informations tronquées ou parcellaires qui sèment le doute dans l'esprit de beaucoup!
  • Ras-le-bol des vidéos ou des images parfois truquées qui ne sont souvent que des appels à l'incompréhension et même à la haine de l'autre (particulièrement de celui ou celle qui ne pense pas comme nous)!
  • Ras-le-bol des petites phrases tirées de leur contexte et exploitées par certains pour semer le doute dans les esprits!
  • Ras-le-bol de la diffusion incessante de mauvaises nouvelles (vraies ou fausses)!
  • Ras-le-bol des insultes qui parfois fusent quand on ne partage pas les mêmes opinions!
  • Ras-le-bol de tomber dans le piège des intox incessantes relayées même par certains médias ayant pignon sur rue!
  • Ras-le-bol des donneurs de leçons qui pensent détenir la vérité alors que ce n'est pas leur domaine de compétence!
  • Ras-le-bol de tous ceux qui se lancent en politique pour assouvir leur soif de pouvoir personnel  et dont le peuple et le bien du pays sont le dernier des soucis!
  • Ras-le-bol de voir la religion mêlée à la politique, alors que ce sont deux notions antinomiques!
  • Ras-le-bol d'avoir espéré à un changement des mentalités après les événements du 14 janvier 2011!
  • Ras-le-bol de voir que la corruption n'a pas disparu, bien au contraire: elle semble avoir été élevée au rang d'institution dans le pays!
  • Ras-le-bol de voir et d'entendre le mot démocratie décliné sur tous les tons par des gens qui ne pensent qu'à leur futur maroquin ou à leur place au soleil.
  • Ras-le-bol de tous ceux qui pensent que la démocratie c'est obtenir tout et son contraire , tout de suite et sans effort et qui n'ont pas compris que notre liberté s'arrête où commence celle de notre voisin!
  • Ras-le-bol de voir que la majorité comme l'opposition (bien divisée et bien faible!) ne pensent qu'à la politique et non à l'économie du pays, en chute libre depuis des années, et qui ne fait qu'augmenter le nombre de pauvres, alors que ce devrait être la priorité de tous!
  • Ras-le-bol de l'incertitude, du doute et du stress continu engendrés par la situation actuelle!
  • En résumé, ras-le-bol de ne plus savoir que penser, vers qui se tourner et sur quel pied danser!
Alors qu'un petite minorité de gens sensés et généreux pensent d'abord à aider les nécessiteux et à instruire tous ceux qui n'ont jamais pu accéder à la connaissance et qui pendant des années ont été manipulés par le pouvoir et maintenus délibérément dans l'ignorance et la pauvreté, la grande majorité ne pense qu'à tirer la couverture à elle et à se partager la plus grosse part du gâteau.
 
Alors que la crise est mondiale, que les économies s'effondrent et qu'il faudrait s'unir pour enrayer ce mouvement et donner un peu d'espoir à nos enfants ou petits-enfants, jamais la division n'a été aussi grande.

Que d'espoirs déçus!

Suis-je un indécrottable utopiste en voulant encore croire en un changement des mentalités et en un réveil des consciences????






lundi 21 novembre 2011

Panne sèche!



Cela fait plusieurs mois que je n'ai pas écrit une ligne et pourtant, chaque jour, je me lève avec des idées plein la tête et une furieuse envie de prendre la plume.

Et puis, rien! Pourquoi?

  • Est-ce par paresse, par peur?
  • Est-ce dû à la situation stressante que nous traversons depuis "la révolution" ?
  • Est-ce parce que mes neurones s'enfuient par paquets?
  • Est-ce par ce que je traverse une période d'incertitude et de remise en question comme le pays?
  • Est-ce simplement parce que je me voudrais écrivaine et que je ne suis qu'une scribouillarde en mal d'inspiration?
  • Est-ce la crainte d'être jugée ou seulement une stérilité intellectuelle?
  • Est-ce à cause d'un orgueil mal placé qui me fait croire que certains me liront et m'apprécieront alors que très peu semblent s'intéresser à mes écrits (ce que je comprends d'ailleurs assez bien) ?
  • N'est-ce pas plutôt le résultat de mon caractère :? Je suis une profonde insatisfaite, jamais contente et très râleuse et ce sont souvent des coups de gueule plus que des coups de cœur qui me viennent à l'esprit?
  • Est-ce dans mes gènes? Deviens-je, avec l'âge, aussi rigide et critique de tout et de tous que ma grand-mère maternelle qui avait légué ce trait de caractère à mon père??

Voilà beaucoup de questions pour lesquelles, je n'ai que quelques éléments de réponse....

Je terminerai mes jérémiades par deux citations.

La première de Chateaubriand : "Je parle éternellement de moi."

La seconde de Julien Green: "La pensée vole et les mots vont à pied. Voilà tout le drame de l'écrivain." En ce qui me concerne, remplacez le mot écrivain par écrivaillon!


jeudi 11 août 2011

Un parc, des animaux et...... des hommes.



H. a la chance de vivre sur un quai face au parc de la Boverie à Liège.

Lorsque je reviens en vacances, en me plaçant derrière la baie vitrée ou sur le balcon, un spectacle continuellement changeant s'offre à mes yeux.... Pas besoin de télévision: la nature, les animaux et les promeneurs offrent des scènes changeantes parfois émouvantes , amusantes ou déconcertantes....

Plantons d'abord le décor.

Le parc de la Boverie (appelé aussi, dans mon enfance, parc d'acclimatation) est un des poumons verts de la ville. Il se situe entre la Meuse , fleuve qui donne une âme à Liège et la Dérivation créée artificiellement pour canaliser les flots parfois houleux du confluent de la Meuse et de l'Ourthe.

Ce parc, planté d'arbres plus que centenaires de différentes espèces, comprend également deux étangs offrant aux canards, oies et autres oiseaux un îlot de tranquillité en plein cœur de la ville.

Coïncidence: mon père, ma sœur puis mon fils sont revenus s'établir dans la quartier où j'ai passé quelques années de ma petite enfance....
Et ce parc fut mon terrain de jeux et de découvertes à partir de l'âge de quatre ans!
Ma mère mais surtout ma grand-mère maternelle et les tantes de mon père m'y emmenaient dès que le temps le permettait.
C'est là que j'ai appris à rouler à vélo, à me promener pour aller voir les daims de l'enclos autour des étangs, du petit écureuil baptisé "Gamin" qui venait nous manger dans la main, le magnifique paon que j'appelais Léon et qui faisait la roue presque sur commande, et puis surtout jouer dans la magnifique roseraie où tous les jardiniers me connaissaient et m'offraient souvent un rose.... Peut-être que mon amour des plantes et du jardinage prennent leur source dans cette enfance insouciante et privilégiée! Et les après-midi se terminaient souvent par un goûter au "Mosan" établissement délicieusement vieillot disparu maintenant et remplacé par l'affreuse construction en béton du "Palais des congrès".

Fini les réminiscences, passons maintenant au présent.

Plus d'écureuil familier, de paon ou de daims mais des oies bernaches, des colverts et de poules d'eau qui, un peu à l'étroit dans les petits étangs, viennent barboter dans la "Dérivation" et picorer sur les pelouses longeant ce canal. Un héron vient également y pêcher sa pitance et ce dès les premières lueurs de l'aube. Les oies arrivent en escadrille bruyante et les oisons (que l'on voit changer de jour en jour) se chamaillent et y apprennent à voler avant la migration.
D'autres oiseaux , pies, merles et mouettes se mêlent à eux, surtout quand des enfants principalement leur apportent du vieux pain: belle pagaille alors entre tous ces volatiles qui se disputent les croûtons offerts à leur voracité!

Autre spectacle: les grosse péniches parfois chargées à ras bord qui sillonnent la Meuse ainsi que les sportifs venant faire de l'aviron sur le canal, hiver comme été.

Et puis les promeneurs. Tous ceux pour qui ce parc est une aubaine pour prendre l'air, faire du sport ou simplement déambuler en oubliant un peu la pollution et les bruits de la ville.
On y voit les habitués qui, tous les jours matin ou en début de soirée font leur jogging.
Le corps des pompiers de Liège: tous les deux jours ils s'entraînent à la course et les plongeurs confirmés ou débutants s'exercent à la plongée en eaux troubles dans les deux cours d'eau.
Spectacle fascinant pour les enfants que de voir arriver leurs gros camions rouges qui parfois repartent plus vite que prévu, toutes sirènes hurlantes, appelés pour un sinistre quelconque.
Les mères de famille amenant leur progéniture s'ébattre sur les pelouses ou la plaine de jeux. Et le marchand de glaces itinérant se frotte alors les mains les jours de beau temps: une file parfois très longue se forme devant sa camionnette car grands et petits apprécient ses cornets de glace italienne ( la meilleure!).
Les rares jours où le soleil daigne se montrer, les "accros" du bronzage étalent leur serviette sur le gazon. Et c'est alors un "étalage" de corps dénudés: des jeunes éphèbes exhibent leurs muscles guettant du coin de l'œil les filles qui pourraient succomber à leur charme....
Il y a aussi celles et ceux qui viennent y pique-niquer ou tout simplement prendre l'air pendant leur heure de pose au travail.
Et puis, en cette période de ramadan, les musulmans pratiquant le jeûne, essaient de faire passer la journée plus vite en attendant les agapes au coucher de soleil. On voit alors parfois des familles "guidées" par le père en habit traditionnel (parfois fort barbu!) marchant trois pas devant son épouse drapée dans ses voiles et s'occupant souvent seule de sa progéniture bruyante et excitée....

Bref, pas besoin de sortir: quand on a la chance d'habiter là, c'est un spectacle permanent!
Et le plus fascinant pour l' amoureuse de la nature que je suis c'est d'admirer les arbres agités par le vent, les floraisons changeantes au fil des saisons et la lumière toujours différente selon les heures de la journée se reflétant dans le fleuve.




mardi 9 août 2011

"Série noire" (1)

Comme d'habitude, à pareille époque , j'ai fui la canicule tunisienne pour retrouver mes racines: Liège et son climat tempéré, vivifiant et fort "arrosé" cette année...
Mais qu'à cela ne tienne, je reste une "fille du nord" pour qui un ciel gris et bas, charriant des nuages noirs mais aussi parfois d'un blanc pur, est synonyme de vitalité plutôt que la chaleur étouffante et débilitante de mon pays d'adoption!

Mais si la luminosité des pays du sud n'est pas toujours au rendez-vous (particulièrement cette année), ces vacances me permettent de me ressourcer, de retrouver avec une grande joie des parents et des amis chers, et de partager avec eux des moments de grande convivialité...
Et les jours pluvieux, quel plaisir d'avoir un bon livre entre les mains et de regarder par la fenêtre les éléments déchaînés, lovée dans un canapé confortable!

Je mets donc à profit ces journées sans avoir à me soucier de l'entretien de la maison, de la préparation des repas et de toutes les contingences parfois contraignantes des autres mois de l'année( et cela, pour une fois, sans culpabiliser!).

Si pendant l'année, mes lectures sont plus tournées vers les nouveautés éditoriales, les romans historiques et quelques essais, mes vacances sont plutôt consacrées aux romans policiers, thrillers haletants que l'on ne peut plus lâcher une fois commencés.....

Cette année ne déroge pas à la règle, c'est pourquoi j'ai intitulé cette chronique "série noire" et je peux même dire très très noire!
En moins d'un mois, j'en ai déjà "dévoré" cinq et ce n'est pas fini!

  • Dans la peau (Nicci French)
Sous le pseudonyme de Nicci French se cachent en fait deux journalistes anglais, diplômés de littérature anglaise à Oxford, et qui se sont "associés" pour écrire des polars plein de suspense et qui se lisent avec plaisir pour les amateurs du genre.
"Dans la peau" nous fait vivre l'itinéraire de trois jeunes femmes qui vont devenir la proie d'un "serail killer": deux d'entre elles y perdront malheureusement la vie après un harcèlement psychologique très éprouvant et la troisième, décidée à se battre afin de ne pas connaître le même sort funeste, va grâce à sa ténacité et son courage permettre enfin l'arrestation de cet assassin.
De ce duo d'auteurs, j'ai lu également "Feu de glace" et "La chambre écarlate" et ces romans se lisent avec "une anxiété gourmande" jusqu'à la dernière page.

  • La mort en face de Cody Mc Fadeyn
Auteur né au Texas en 1968 et dont plusieurs romans sont devenus des best-seller internationaux.

La mort en face est un thriller passionnant , où l'on se retrouve pris par l'intrigue dès le premier chapitre et on n'a plus qu'une envie: aller plus loin....
Histoire très dure d'un serial killer particulièrement inventif dans l'horreur et les sévices qu'il fait subir à ses victimes.
L'enquête menée par Smoky Barrett, agent chevronné du FBI, nous révèle le calvaire vécu par un adolescente poursuivie depuis son enfance par un inconnu qui, régulièrement, torture et tue sous ses yeux les gens qu'elles aiment.
Ce livre nous montre , dans toute son horreur, la cruauté que certains désaxés peuvent manifester et le "plaisir" qu'ils y prennetn. Et le comble, c'est que quelques actions sont tirées de fait réels.
Malgré la noirceur de ce roman, son écriture fluide et sans voyeurisme malgré le sujet, fait qu'on ne le lâche qu'une fois terminé.

  • Le scandale Modigliani de Ken Follet.
Histoire policière un peu plus légère que les précédentes qui nous emmène dans les coulisses du monde l'art.
Il nous conte la recherche d'un Modigliani perdu et nous décrit avec brio les protagonistes de cette chasse au trésor où tous les coups bas sont permis pour s'approprier ce chef-d'œuvre : une jeune étudiante en histoire de l'art, un marchand de tableaux peu scrupuleux et un galeriste en pleine crise financière et conjugale.
Nous voyageons avec eux entre Paris, Londres et l'Italie à la recherche de cette peinture tellement convoitée.
Un "Ken Follett, enjoué et alerte quelque peu différent des ses autres romans et qui se lit d'une traite.

La suite de cette descente dans les bas-fonds de l'âme humaine au prochain numéro.......