lundi 5 avril 2010

Souvenirs d'enfance (1)


En ce lundi de Pâques, je me souviens des fêtes de mon enfance et de ce que me rappelle plus particulièrement cette célébration.

Je voudrais commencer ce billet par une citation de l'écrivaine Marie Darrieussecq que je trouve intéressante:
Dans une famille, on a beau avoir vécu les mêmes choses, on n'a pas les mêmes souvenirs.
C'est très vrai et j'aimerais, si certains membres de la famille de ma génération me lisent, ou même des amis ayant vécu à peu près les mêmes fêtes, qu'ils me donnent leur avis ou me rappellent leurs souvenirs personnels.

Je vais parler ici principalement de la fête de Pâques de mes toutes jeunes années, celles où j'ai commencé à réaliser et à engranger des souvenirs ,bons ou mauvais, que certains mots, certaines odeurs, certaines images font remonter à la surface, avec parfois beaucoup de nostalgie et en même temps une grande joie à se les remémorer.

Pourquoi aujourd'hui? Pourquoi cette envie irrépressible de les coucher sur le papier?

Tout simplement, à la vue d'un reportage du journal télévisé de France 2 sur la célébration de Pâques dans certains villages alsaciens.
Je me suis revue, toute jeune enfant, au chalet de mes grands-parents, dans un minuscule village des Ardennes profondes, nommé La Fosse, ne comptant pas plus d'une vingtaine de petites maisons paysannes.

La maison de campagne de mes grands-parents paternels se situaient, en dehors du village, sur une colline dominant un paysage grandiose de prairies et de forêts de sapins, et était construite dans un immense jardin d'un hectare, comprenant une vieille tour en ruine, une allée majestueuse de sapins centenaires conduisant à la porte d'entrée, une vaste prairie avec un petit bois dans le fond, terrain idéal de jeux pour des enfants.

A peu près jusqu'à mon adolescence, toute la famille se retrouvait dans ce chalet pour des weekends ou pour les vacances de Noël et de Pâques.
C'était l'occasion pour ma sœur, mon frère et moi-même de retrouver mes cousins et de vivre des moments merveilleux de connivence de partage de "secrets", d'alliances changeantes avec les uns ou les autres, en fonction des affinités ou des mésententes du moments!

De plus, pour nous, petits citadins habitués au confort et à la facilité, la vie là-bas, beaucoup plus rustique et tellement différente de celle de la ville ajoutait à notre bonheur d'enfants. Nous nous prenions parfois pour des pionniers vivant dans un milieu sauvage et hostile, surtout, quand, la nuit couchés douillettement dans un lit réchauffés par une bouillotte préparée par ma grand-mère, nous entendions le "hou hou" effrayant du grand-duc nichant dans les sapins!

Ce long préambule pour rappeler l'ambiance et la joie que nous éprouvions lors de ces séjours!

Venons-en maintenant à la fête proprement dite.

Toute la semaine précédant Pâques, nous attendions le dimanche avec impatience pour découvrir dans ce grand jardin (lorsque le temps n'était pas à la pluie) les œufs en chocolat et autres friandises apportées et "jetées" par les cloches revenant de Rome! ("Elles y étaient parties au début de la semaine sainte et ne revenaient que le dimanche de Pâques et sonnaient alors à toute volée dans toues les églises du pays.")

Durant la semaine sainte, notre grand-mère cuisaient une grande quantité d'œufs durs que nous colorions et peignons à qui mieux mieux.
Le samedi précédant le grand jour, les enfants du village, montaient jusqu'à la maison en agitant des crécelles et venaient chanter la résurrection prochaine aux gens de la ville que nous étions,"espèce" un peu bizarre pour eux !
Cette coutume persiste toujours dans beaucoup de villages alsaciens, et c'est donc en regardant la télévision et en revoyant cette habitude ancestrale que je me suis rappelée mes fêtes de Pâques de petite fille.

Nous étions une famille de croyants non pratiquants, et la dimension religieuse de la fête était un peu "zappée" chez nous.
Mais les traditions de cadeaux aux enfants et de repas comprenant l'agneau pascal étaient respectées.

Quelle joie donc d'aller se coucher le samedi soir avec l'espoir de trouver des merveilles le lendemain matin. Que de difficultés à trouver le sommeil, et aucun mal à se lever tôt ce jour-là, trop tôt même pour nos parents qui seraient bien restés encore un peu au lit!!

Et puis enfin, avec à la main le panier d'osier remis à chacun par notre grand-mère, nous courions dans tous les sens , fouillions dans tous les buissons, derrière tous les arbres ; et c'était à celui qui trouverait le premier les cachettes, et à celui qui crierait le plus fort pour marquer son étonnement et sa joie.

Que ne gardons-nous , notre âme d'enfant et cet émerveillement provoqué par certaines fêtes! Mais , il faut bien grandir , affronter la vie et ses difficultés. Mais, tout au fond de nous, nous avons encore cette petite étincelle et nous essayons de la retrouver avec nos enfants puis nos petit-enfants, et c'est tant mieux.

Voilà, un petit t qui m'a fait rajeunir de plus de 50 ans. J' ai encore bien d'autres souvenirs enchantés de fêtes que je raconterai plus tard afin que mes enfants et mes petits-enfants puissent découvrir que nous aussi, nous avons été des enfants!

Je parlerai la prochaine fois de la Saint-Nicolas, grande fête des enfants en Belgique et dans l'Est de la France aussi.


mardi 23 mars 2010

Incivisme et ignorance.



Ce billet d'humeur m'est inspiré par la journée du 21/03/2010 que nous avons passée à Rafraf, dans le cadre de l'association "INITIATIVES OCEANES".

Le groupe Facebook des Half a voulu participer à cette journée de nettoyage de plages ou de bords de rivières qui se fait depuis plusieurs années dans de nombreux pays.

Par ce beau dimanche chaud et ensoleillé , des centaines de bénévoles jeunes et moins jeunes, de toutes les catégories sociales ( universitaires,médecins, ingénieurs, professeurs, professions libérales, artisans, étudiants, etc...) n'ont pas hésité à s'armer de gants, sacs poubelles, râteaux et pelles pour sillonner la magnifique plage de Rafraf et ramasser toutes les ordures laissées par la majorité de ceux qui fréquentent la plage ou rejetées par la mer, car lancées dans l'eau par les bateaux!

Après quelques heures d'un travail (parfois éprouvant pour le dos des plus âgés!), des dizaines de sacs remplis de déchets divers mais principalement de plastique ont été rassemblés ; pas moins de deux remorques de tracteur ont été nécessaires pour les enlever!
Le pire est que si nous en avions eu la force ou le courage, on aurait pu en ramasser 10 fois plus.


Vivant depuis 40 ans dans ce pays devenu le mien par la force des choses, je suis bien consciente du problème récurrent et allant en s'amplifiant d'année en année, du manque flagrant de prise de conscience par beaucoup que nous sommes en train de détruire à petit feu le beau pays que pourrait être la Tunisie.

Que ce soient les municipalités ou les particuliers qui prennent des initiatives de mise en garde et d'information de tous: rien n'y fait.

Plus, on en parle à la TV ou à la radio, plus dans les écoles les enseignants essayent de sensibiliser les enfants aux problèmes d'environnement, plus on essaye de montrer qu'un petit geste de chacun permettrait de rendre la Tunisie propre et belle, et que tout le monde profiterait de cette amélioration du cadre de vie, plus, il semblerait que les gens, même instruits, ne font aucun effort , au contraire!

C'est navrant, décourageant et inquiétant.

La Tunisie devient une vaste poubelle à ciel ouvert: il n'y a plus aucun endroit épargné par le fléau des sacs plastiques qui au premier coup de vent s'accrochent aux arbres et défigurent les plus beaux paysages.
Même les endroits les plus fréquentés par les touristes (à part le petit cocon que forment les hôtels, et encore..) regorgent de déchets divers et principalement de bouteilles plastiques, de papiers gras, de mouchoirs usagés, de seringues (véritables dangers pour les enfants qui les ramassent sans en connaître le danger).....

Et pourtant, le pays a tout misé sur le tourisme!! Mais je connais de nombreuses personnes qui , ayant déjà beaucoup voyagé dans différents pays, refusent d'y revenir, à cause de la saleté du pays, du harcèlement des vendeurs et de la mauvais qualité de service dans les hôtels tunisiens. (Ces deux derniers points pourraient être débattus dans un autre article, car je vais m'égarer)

Il serait pourtant si simple pour chacun de comprendre l'importance du problème, et d'y apporter remède sans beaucoup d'effort.
Pourquoi jeter tout ce qui nous encombre par terre (tickets de bus ou de train, mouchoirs sales, papiers emballant notre casse-croûte, cigarettes, bouteilles, etc...) alors qu'il existe un peu partout des poubelles, containers, ou corbeilles à papiers. Et si, dans certains endroits, ces ustensiles manquent, gardons nos déchets dans un sac que nous jetterons une fois rentrés à la maison.

Il est évident que les premiers responsables de ces comportements inciviques sont les parents.
Ils doivent apprendre, à leurs enfants, et ce dès le moment où ils sont en âge de comprendre (c'est-à-dire très jeunes) les bons gestes, les bons réflexes et surtout à montrer eux-mêmes l'exemple en agissant de cette manière.

Mais, combien le font encore?
L'école doit évidemment adopter la même attitude, ainsi que les instances dirigeantes.
De plus, comme la plupart des gens ne comprennent et ne font attention que lorsque cela peut leur coûter et que l'on touche à leur porte-monnaie, il faut instaurer et surtout appliquer des amendes sévères.

Je ne voudrais pas être partiale et ne pas admettre que ce problème ne touche que la Tunisie, ce serait mentir, mais , depuis le temps que j'y vis (plus que dans mon pays natal) j'ai vu la Tunisie s'améliorer au point de vue économique mais l'état d'esprit et les mentalités se dégrader , et c'est cela qui me touche et me navre le plus.

Car, quel pays allons-nous laisser à nos petits-enfants? Réfléchissons-y et si nous les aimons vraiment, pensons à eux.

vendredi 26 février 2010

Dictons, proverbes et citations



Partie 1

Cela fait longtemps que me trotte dans la tête l'idée d'écrire et de discuter de proverbes ou de citations de gens plus ou moins célèbres (ce n'est pas cela qui compte principalement pour moi).
J'ai toujours admiré, et envié je l'avoue, les personnes qui, en quelques mots et une phrase bien tournée, parvenaient à faire passer un message qui nous touche, nous amuse, nous fait réfléchir et parfois nous interroge et nous interpelle profondément.

Je me souviens d'un article écrit sur Facebook qui nous a entraîné dans des discussions longues et passionnantes avec des personnes chez qui j'ai découvert de grandes qualités et dont j'ai beaucoup appris.

Ayant récolté depuis un moment déjà des citations très diverses et en découvrant tous les jours de nouvelles, j'en ai sélectionné certaines que j'ai classées par auteur et plus ou moins par genre (humour, philosophie, sagesse,vie sociale....).

Cet article dans lequel je me suis lancée se composera donc de plusieurs parties, car il est impossible de le faire en une seule fois.
De plus, j'essayerai, autant que possible de donner quelques informations sur les auteurs, certains très connus, d'autres beaucoup moins et de suivre une certaine logique dans la présentation des différentes citations.
Cela me permettra, ainsi qu'à vous lecteur éventuel, de commenter certaines de ces citations et donc donner lieu à des débats d'idées intéressants.

  • Aujourd'hui, je vais commencer par un auteur dont j'apprécie beaucoup la finesse et l'humour: Oscar WILDE.
Commençons par quelques renseignements biographiques. Je dois avouer que je ne le connaissais que par son seul roman "Le portrait de Dorian Gray". Mais il a écrit de nombreux poèmes, des pièces de théâtre et des articles pour des journaux.
Sa vie chaotique ,dès son plus jeune âge, explique, je crois en grande partie , l'orientation de son œuvre et son cynisme devant certaines situations de la vie.

Oscar Wilde est né à Dublin en 1854 et mort à Paris en 1900. On l' appelé "le théoricien de l'art pour l'art".
Son père et sa mère formait un couple fantasque qui a défrayé à plusieurs reprises la chronique judiciaire de l'époque. Sa mère, Jane Francisca était une fervente nationaliste et une femme de lettres brillante. Mais, après un procès politique retentissant, elle dut abandonner sa carrière.
Son père, William Wilde était un éminent chirurgien des yeux mais un coureur de jupons invétéré! Il fut attaqué en justice par une de ses maîtresses et humilié publiquement, lors du procès.
L'enfance d'Oscar se déroula donc dans un univers pesant!
Il fit des études classiques à Trinity College à Dublin, puis mena une vie de bohème à Londres.
Esprit subtil et cynique, il devient le favori de la haute société londonienne qu'il subjugue par sa conversation.
Il part en Amérique en 1882 et y donne une série de conférences, puis il revient en Europe et s'installe à Paris où il écrit des pièces de théâtre.
Revenu à Londres, il se marie et a deux files, mais son homosexualité fait "capoter" le mariage.


Il a un grand talent de pamphlétaire et de ce fait devient rédacteur en chef du magazine "The Women'sworld" et devient un grand défenseur de la cause féministe. Il publie aussi des contes et son unique roman "Le portrait de Dorian Gray". Il mène une vie très agitée et retourne à Paris où il écrit des comédies pour railler les mœurs et l'hypocrisie de l'aristocratie britannique.
Il revient à Londres, et est dénoncé aux autorités par des gens "bien-pensants". Il est alors condamné à deux ans de travaux forcés pour sodomie, ce qui va ruiner définitivement sa réputation.
Exilé à Paris, après sa libération, il y mènera une vie solitaire et misérable et y mourra d'une méningite.

Je pense que cette biographie que vous trouverez peut-être un peu longue était nécessaire pour comprendre le cynisme , l'humour et l'auto-dérision de ses nombreuses citations. (En voici quelques unes).

  • Le cynisme consiste à voir les choses telles qu'elles sont et non telles telles devraient être.
  • Le cynique connaît le prix de tout et la valeur de rien.
  • Si l'on veut retrouver sa jeunesse, il suffit d'en répéter les erreurs.
  • La jeunesse n'a pas une ombre de respect pour les cheveux teints.
  • Les jeunes sont toujours prêts à donner à leurs aînés le bénéfice de leur inexpérience.
  • Être entièrement libre et en même temps dominé par la loi, c'est le paradoxe de la vie humaine.
  • Les tragédies des autres sont toujours d'une banalité désespérante.
  • Mes goûts sont simples, je me contente de ce qu'il y a de meilleur!
  • S'il est au monde rien de plus fâcheux que d'être quelqu'un dont on parle, c'est assurément d'être quelqu'un dont on ne parle pas.
  • L'univers est un théâtre mais la distribution de la pièce est mauvaise.
Voilà un petit "florilège" de citations d'Oscar Wilde qui me plaisent, soit par leur justesse, soit par leur humour décalé (so british), soit par leur cynisme.
Qu'en pensez-vous. A votre tour maintenant, avant un prochain épisode et d'autres citations d'auteurs très différents (ou pas!).

Partie 2

J'ai commencé par un auteur irlandais et je continue par un autre Irlandais célèbre.
A la lecture de ses nombreuses phrase et citations célèbres, je vais finir par croire que les Irlandais ont un don particulier pour l'humour et l'auto-dérision.

Comme pour Oscar Wilde je vais commencer par un rappel de la vie de cet auteur très connu: George Bernard Shaw.

G.
B Shaw, auteur dramatique, satirique et critique, est lui aussi né à Dublin en 1856. Lui-même et ses deux sœurs sont issus d'une bonne famille protestante. Leur mère était cantatrice , mais malheureusement leur père était alcoolique, ce qui les fit grandir dans un milieu assez pauvre.
Shaw fut , de ce fait un autodidacte, il s'intéressait particulièrement à la musique, aux lettres et aux arts plastiques.

A 20 ans, il part à Londres rejoindre sa mère et sa sœur ainée qui s'y étaient installées quelques années plus tôt.
Il commence par écrire des romans abordant certains thèmes sociaux développés plus tard dans ses pièces, (notamment l'attitude de l'homme face au mariage), mais sans beaucoup de succès au début.

Il se laisse gagner par les idées socialistes, lit Marx, devient végétarien, ne fume pas, ne boit pas , critique l'époque capitaliste et veut changer la société par les réformes plutôt que par la révolution.

En 1885, il s'affirme enfin comme critique d'art dans différents journaux et revues.
Après ses débuts difficiles, il trouve son mode d'expression privilégiée dans le théâtre et écrira plus de cinquante pièces, dont les principales idées sont le socialisme réformateur et le principe de "la force vitale" inspirée par Darwin. Il met un grand sérieux dans l'élaboration des ses pièces mais a un grand sens de l'humour.

Chaque pièce repose sur une thèse sociale, issue d'une analyse minutieuse de la société. Il privilégie les comédies d'idées, pièces plaisantes et déplaisantes, satires sociales et comédies légères
Il est impossible de répertorier ici ses nombreuses œuvres. Je me contente d'en citer quelques unes parmi les plus connues:
L'argent n'a pas d'odeur
La profession de Mrs Warren
Pygmalion (qui est un satire acerbe des classes sociales anglaises)
César et Cléopâtre
L"homme et le surhomme.
Il écrivit jusqu'à la fin de sa vie où il affirme, je cite: "n'avoir rien à dire qu'il n'ait écrit" et concluait par un très direct: "Lisez mes livres, ils sont tous en libraire, et laissez-moi mourir en paix."
Il obtient le prix Nobel de littérature en 1925 et meurt en 1950.

Citations célèbres de G.B.Shaw:
  • Quelle belle chose que la jeunesse! Quel crime de la laisser gâcher par les jeunes.!
  • Si les Anglais survivent à leur nourriture, ils peuvent survivre à tout.
  • On peut trouver des choses obscènes dans tous les livres sauf dans l'annuaire du téléphone.
  • Il existe deux tragédies dans la vie: l'une est de perdre ce que notre cœur désire, l'autre est de l'obtenir.
  • Lord X sera chez lui tel jour de telle heure à telle heure. G.B. Shaw aussi!
  • Je me cite souvent, cela apporte du piment à la conversation.
  • Quand, dans ce monde, un homme a quelque chose à dire, la difficulté n'est pas de la lui faire dire, mais de l'empêcher de la dire trop souvent!
  • L'homme raisonnable s'adapte au monde. Celui qui est déraisonnable persiste à vouloir adapter le monde à lui-même. Aussi, tout progrès dépend de l'homme déraisonnable.
  • Quand vous lisez une biographie, rappelez-vous que la vérité n'est pas faite pour être publiée.
Il en existe encore des dizaines mais point trop n'en faut. J'espère que vous apprécierez comme moi les vérités et les critiques cachées derrière ces phrases pleines d'humour!






dimanche 14 février 2010

La vraie vie dans "les pays de soleil"





Il y a longtemps que je pense à cet billet pour répondre à de nombreuses personnes (européennes du Nord pour la majorité) qui me disent régulièrement: "Quelle chance tu as! De quoi te plains-tu,? Tu vis dans un pays où le soleil est toujours présent et il ne peut qu'y faire bon vivre!"

Et pourtant, vivre dans un pays du Sud est très différent d'y venir passer une quinzaine de jours en vacances, pour visiter un peu, mais surtout faire le lézard au bord de la mer dès qu'on le peut.

Bien sûr, tout le monde a dans la tête la chanson de Charles Aznavour et fredonne régulièrement le refrain:
"Emmenez-moi au bout de la terre, emmenez- moi pays des merveilles, il me semble que la misère serait bien moins triste au soleil"
A cela je réponds vrai et faux tout à la fois! Je vais tenter d'expliquer pourquoi.

Bien sûr, étant moi-même une fille du Nord, je comprends que le manque de luminosité en hiver, la pluie souvent présente, le ciel gris, la neige, le froid et des étés souvent pourris entraînent une sorte de déprime qui fait croire qu'en allant dans les pays du Sud plus favorisés au point de vue ensoleillement peut tout arranger et qu'y vivre en permanence serait "le nirvana"!

Vivre au quotidien dans un pays, quel qu'il soit n'est pas du tout pareil au simple fait d'y passer des vacances. Il faut aussi se rendre compte qu'il y a des différences flagrantes entre les pays riches et les pays dits émergents.

Parlons tout d'abord du climat puisque tout les gens du Nord s'imaginent que vivre sous ces cieux cléments est idyllique.

Dans les pays d'Afrique du Nord, (la Tunisie où je vis depuis 40 ans pour ne pas la citer) les étés sont caniculaires : entre 30 et 40° la journée, si pas beaucoup plus quand souffle le sirocco, le vent du désert. Le moment le plus agréable de la journée est celui qui suit l'aube: on y jouit encore d'une certaine fraîcheur, et il est vrai que si l'on a un jardin, c'est un moment magique de voir le soleil se lever en sirotant son premier café de la journée, d'écouter le chant des oiseaux et de sentit la brise vous caresser la peau.

A partir de 8 heures du matin, cela devient vite l'enfer! Le moindre mouvement vous met en eau; travailler, réfléchir deviennent pénibles, se déplacer dans les transports en commun (pour ceux qui n'ont pas de voiture, et ils sont nombreux) est un véritable supplice, se promener au soleil dans les rues non ombragées vous donnent l'impression d'être exposés sous la grille du four.
Pour les pauvres ménagères ou les gens qui travaillent dans les restaurants, je ne vous parle même pas de la pénibilité de leurs tâches quotidiennes.
Ne parlons pas des travailleurs du bâtiment qui font des travaux extrêmement pénibles exposés aux rayons d'un soleil implacable.
Le centre des villes très peuplées, comme la capitale, est irrespirable car en dehors de la chaleur, les gaz d'échappement des nombreuses voitures qui la sillonnent y font peser une chape de pollution que le peu de vent ne parvient pas à dissiper.

Si on a de la chance et que nous ne sommes pas dans un courant du Sud avec vents forts venant du désert, une fois le soleil couché, une toute relative fraîcheur s'installe. Mais, au fur et à mesure des jours qui passent, les villes et les maisons ayant emmagasiné la chaleur, les soirées ne rafraîchissent plus.
Si, par malheur le sirocco souffle pendant plusieurs jours, les températures avoisinent les 50° la journée et ne descendent pas en dessous des 30° la nuit! Essayez donc de dormir par ces températures!!

C'est pourquoi, seuls une minorité de privilégiés peuvent supporter la saison chaude. En effet, ceux-ci possèdent ou louent une résidence d'été au bord de la mer, seul endroit supportable durant cette saison (qui dure parfois plus 4 mois d'affilée sans une goutte de pluie, les saisons étant beaucoup moins marquées à cause du réchauffement de la planète).

Les autres se contentent, pour les mieux lotis d'un climatiseur dans une pièce de la maison, pour les autres d'un ventilateur qui finit par ne plus brasser que de l'air chaud.
Car la vie est chère dans ces pays, la classe moyenne dispose de salaires d'un niveau très inférieur à celui de l'Europe et ne peut donc pas profiter du confort offert par des appareils onéreux.

Parlons maintenant de l'hiver: saison pluvieuse, venteuse et très humide.
Les maisons, construites dans des matériaux bon marchés se refroidissent très vite et dans certaines l'humidité suinte de tous les murs. Beaucoup de bâtiments publics ne sont pas chauffés ou très mal (écoles, bureaux, etc...).
La plupart des maisons ne sont pas dotées du chauffage central (trop cher pour les mêmes raisons que celles invoquées plus haut).

Donc, au contraire de l'été, la population grelotte, et chacun essaye de lutter contre le froid avec des moyens dérisoires ("kanoun": petit récipient de terre contenant du charbon de bois, petits chauffages au pétrole ou au mazout, radiateurs à bain d'huile....) et de plus utilisés avec parcimonie vu la crise pétrolière et l'augmentation des prix de l'énergie.

Donc pour en finir avec ce chapitre climatique: cuisson à petit feu en été, frissons et chair de poule en hiver.
On a parfois la chance d'avoir quelques jours agréables et supportables au printemps ou en automne, mais il sont de plus en plus rares, car depuis maintenant plusieurs années, nous n'avons plus de saisons intermédiaires : on passe directement de l'été à l'hiver et vice et versa.

Parlons maintenant de la vie courante dans ces pays.
Quand ,comme moi, on est étrangère et que l'on vient vivre dans ces pays avec et comme les Tunisiens (puisque j'en ai épousé un), on mène la vie du pays. Si l'on travaille, on est soumis au régime tunisien des salaires , aux mêmes lois, aux mêmes droits et mêmes devoirs.
On vit donc d'une manière souvent difficile et fatigante et on est en plus soumis aux petites avanies et ostracismes de la part des autorités (car le racisme existe dans les deux sens).

Je ne parle pas évidemment ici de la vie privilégiée des coopérants envoyés travailler dans le pays par leur entreprise et qui jouissent de tous les avantages qu'offre ce pays de soleil sans en connaître tous les inconvénients.
Leur logement (dans les plus beaux quartiers de la capitale ou du bord de mer) est entièrement payé par leur société; ils disposent d'une voiture de fonction et de tas d'autres avantages en nature, et ils ne fréquentent que les droits huppés et la soi-disant "élite de l'argent" du pays, et ils se mêlent rarement au petit peuple et même à leurs compatriotes moins chanceux qui ont fait "la bêtise" d'épouser des "autochtones".
Bien sûr, tous n'ont pas cette mentalité, mais il faut quand même dire qu'objectivement la majorité d'entre eux ont cette attitude.

Voilà, je termine ici: je voulais casser un peu cette image d'Épinal que se font beaucoup d'Européens de la vie au soleil.
Il faut ajouter aussi que la plupart des touristes qui "adooorent" la Tunisie viennent y passer 15 jours, pour un prix dérisoire en euros, dans des hôtels 4 ou 5 étoiles en "all inclusive", et qu'en dehors d'une ou deux excursions très encadrées, ils ne sortent pas de leur "ghetto" de luxe et ne veulent pas se mêler à la population du pays.

Encore un billet d'humeur qui tourne un peu avec moi au "coup de gueule" mais il faut parfois casser certains mythes!!

Vous êtes tous inviter à me répondre et à me dire ce que vous en pensez!


jeudi 11 février 2010

Je me souviens(Pastiche d'un texte de George Perec)

Je me souviens.

Je me souviens du parfum de l'herbe coupée.
Je me souviens du goût des tartes aux framboises de cousine Lulu.
Je me souviens des longues randonnées dans les forêts de sapins et du vent chantant dans les branches.
Je me souviens des affreuses peintures de l'oncle Albert, qu'il fallait accepter avec un sourire heureux!
Je me souviens de la fantaisie et de la joie de vivre du frère de maman , disparu un jour sans laisser d'adresse, et jamais retrouvé.
Je me souviens des berceuses que me chantaient ma mère.
Je me souviens de la beauté d'un coucher de soleil sur le Bosphore.
Je me souviens aussi de mes espoirs déçus et de mes ambitions contrariées.
Je me souviens hélas de toutes les occasions manquées...
Je me souviens du premier jour où j'ai enfin dit non!!

mardi 9 février 2010

Elucubrations

Allez, je me lance! Tant pis si ce n'est pas bon, si mes élucubrations n'intéressent personne, je sens un désir irrépressible de coucher sur le papier mes bonheurs, mes emmerdes, mes coups de gueule!

Aujourd'hui, alors que je suis bien tranquille, seule dans la fraicheur de la maison,je me sens bien.

Pas de mari exigeant dans les pieds, pas d'enfants ou de petits-enfants à distraire: seulement le silence, les fleurs et le ciel bleu vu à travers la vitre, le bonheur simple de ne rien faire , sans culpabiliser!

Que celui qui n'a jamais eu, une fois au moins dans sa vie, l'envie de tout oublier, de tout laisser tomber, de ne plus penser aux autres d'abord, mais à soi seulement.., que celui-là me jette le première pierre!

J'ai parfois le désir de tout quitter, de partir loin, d'oublier toutes les contraintes d'un vie ,pas malheureuse,non, mais pas vraiment satisfaisante.
Ne penser qu'à moi, faire seulement ce que j'aime , oublier les êtres qui me sont pourtant les plus chers et les plus proches!!

Partir, partir loin, sur une île déserte au printemps éternel, entourée de fleurs et d'arbres... N'entendre que le chant des oiseaux, m'envoler avec eux et voir d'en haut, ce monde parfois si dur et si mesquin vu d'en bas.

Devenir égoïste, ne penser qu'à moi: cultiver mon jardin quand j'en ai envie, lire, lire encore, me passionner pour des histoires que je ne vivrai jamais, des pays que je ne verrai pas,me prendre pour des personnages que je ne serai jamais....

Mais serai-je plus heureuse?.....

Le propre de l'homme n'est pas le rire, mais l'insatisfaction: nous n'apprécions ce que nous avons que lorsque nous le perdons; nous cherchons toujours autre chose, une autre "part", et lorsque nous l'obtenons enfin, nous voulons toujours plus.

Mais, c'est si bon de rêver, même si parfois, le réveil est un peu dur!

Dis-moi si tu aimes les petits plaisirs de la vie. (à la manière de l'écrivain Philippe Delerm)

Dis-moi si tu aimes le goût du chocolat sur tes lèvres.

Dis-moi si tu aimes le chant des oiseaux lorsque le soleil se lève.

Dis-moi si tu aimes le bruit de la pluie sur les feuilles après une journée torride.

Dis-moi si tu aimes marcher pieds nus dans le sable chaud.

Dis-moi si tu aimes les ondes légères des vagues sur une mer turquoise.

Dis-moi si tu aimes le chuchotis du vent dans les arbres d'une forêt.

Dis-moi si tu aimes les gazouillis d'un bébé heureux.

Dis-moi si tu aimes la somptuosité des fleurs tropicales.

Dis- moi si tu aimes les couleurs changeantes d'un coucher de soleil.

Dis-mois si tu aimes............