jeudi 27 janvier 2011

Belgique, Tunisie: mes deux pays.





Comme le chantait Joséphine Baker, je peux dire, moi aussi que j'ai deux amours: mon pays natal, la Belgique et mon pays d'adoption (et celui où j'ai vécu le plus longtemps....) , la Tunisie.

Et bizarrement, la même année, soit 2010, tous les deux sont agités de soubresauts politiques qui changent complètement la vie de ces nations

Bien sûr, il y a de grosses différences entre les deux événements.

Pour la Tunisie, écrasée depuis des années sous une dictature policière contraignante et cruelle et un pillage de sa richesse économique par une famille mafieuse et sans retenue, la brusque révolte (mais qui couvait depuis longtemps chez des jeunes sans avenir et désespérés d'être des laissés pour compte de la société) les a délivrés d'un dictateur et d'une chape de plomb qui les empêchaient de parler et de vivre.
Et, si, comme dans toute révolution, le prix à payer a parfois été très lourd pour certains et a entrainé des dommages collatéraux (destructions et pillages et autres dérives), le résultat est heureux et porteur d'espoir d'un avenir meilleur: démocratie, droit à la parole, pluralisme, redistribution des richesses, etc....)
Il va falloir "de la patience, du travail, du sang et des larmes" (selon la formule de Winston Churchill lors de la guerre 40/45) pour reconstruire , avancer et retrouver sa dignité.
Mais, le jeunesse tunisienne et la classe moyenne de ce petit pays sont suffisamment matures, instruits et courageux pour y arriver.
En tout cas, je veux leur faire confiance et le croire.....

Par contre, pour mon pays natal, la Belgique auquel je reste très attachée et dans lequel plongent mes racines, je suis malheureusement beaucoup moins optimiste...

En effet, depuis le mois de juin 2010, date des élections législatives organisées après la chute du gouvernement à cause principalement de questions linguistiques et de la pléthore de partis qui ne veulent faire aucune concession, le pays détient le "triste et ridicule" record (plus de 7 mois) de nation sans gouvernement légitime et qui fonctionne tant bien que mal au gré de discussions stériles et sans issue...... (et plutôt plus mal que bien!!!)

On parle de régionalisation, de scission, on coupe les cheveux en quatre, on paie un nombre incalculable de ministres et de parlementaires qui "se bouffent le nez" à longueur de journée, qui n'avancent pas d'un pas, mais au contraire reculent, aucun ne voulant faire de concessions.

Le peuple, les travailleurs, bref à peu près tous les Belges ont à pâtir d'une manière ou d'une autre de cette situation qui s'ajoute à la crise économique mondiale....
Je ne parle pas ici des nantis et autres grosses fortunes qui continuent à s'enrichir sur le dos des autres....

De plus, la Belgique devient la risée des autres pays qui ont de plus en plus de mal à comprendre la situation! Et, nous-mêmes les Belges avons beaucoup de mal à nous y retrouver dans cet imbroglio et à expliquer!

Mais, la majorité ne veut pas d'une séparation du Nord (néerlandophone) et du Sud (francophone) : ce que le peuple veut, c'est une Belgique unie qui avance, progresse et redevienne ce qu'elle fut après la deuxième guerre mondiale: une des pays européeens leader dans les domaines industriel, économique et social.
Bref, un petit pays par la superficie mais grand par sa manière de vivre, soit un pays trilingue mais qui savait pratiquer l'art du compromis entre les différentes communautés, et qui semble avoir égaré la recette!!

Voilà, je m'arrête là mais il fallait que je parle et que je mette par écrit ce que je vis dans l'exaspération du côté belge, et l'anxiété mais aussi l'espoir du côté tunisien.

Être à cheval entre deux pays, deux cultures, deux familles est à la fois source d'enrichissements mais aussi d'angoisses et d'interrogations.....

dimanche 5 décembre 2010

La campagne




Citadine de naissance (je suis née à Liège, Belgique) il y a de cela "quelques années" déjà ...., j'ai, malgré cela, toujours aimé la campagne, les longues promenades à travers champs et dans les bois de sapins ou les forêts plus luxuriantes de feuillus.

Mes grands-parents possédaient une grande propriété en plein cœur des Ardennes belges où, enfant, j'ai passé de nombreuses vacances scolaires avec mes cousins et cousines.
En été, j'adorais partir à l'aventure avec ma grand-mère ou mon grand-père pour dénicher la clairière où je ferais le plein de framboises, le sous-bois où abondaient les myrtilles et les chemins creux bordés de ronciers couverts de mûres charnues qui nous tachaient les mains et les lèvres....
Remplir les paniers d'osier que nous emportions, tout en grappillant le maximum de fruits pour se rafraîchir, était un plaisir, et nous rivalisions d'ardeur afin d'être celui ou celle qui aurait le panier le plus plein. Puis, avant de rentrer, nous faisions une moisson de fleurs des champs et de feuillages afin de composer des bouquets éphémères.

Revenue de ces balades longues parfois de 10 km, fatiguée mais ravie, mes cousins et moi trions et lavions notre récolte afin que notre grand-mère puissent préparer les délicieuses confitures dont je n'ai jamais retrouver le goût!

L'hiver, d'autres joies nous attendaient : la neige, les batailles de boules, la recherche des traces d'animaux sauvages ou d'oiseaux ayant laissé leurs empreintes sur la couche blanche qui couvrait la campagne. Et parfois, l'émerveillement de voir surgir, à quelques pas, une biche, un renard et si l'on avait de la chance un cerf majestueux.

Venue après mon mariage m'établir en Tunisie, j'y ai toujours vécu en ville mais pas en plein centre. Il me fallait une banlieue plus calme avec des maisons dans de grands jardins: trop habituée à la verdure, et passionnée de nature et de plantes, il me fallait un espace vert devant mes fenêtres, et j'ai fini par trouver "chaussure à mon pied" : une petite villa entourée d'un grand jardin....

Venue des pays du Nord, habituée à la luxuriance d'une végétation de pays tempérés et très "arrosés", la campagne méditerranéenne m' a réservé bien des surprises et des émerveillements: de nouvelles espèces d'arbres et de fleurs, des parfums différents, mais aussi une région me rappelant délicieusement mes Ardennes d'enfance : la Kroumirie et ses forêts de chênes- liège, où je retrouvais un peu des paysages et du climat de ma jeunesse.

dimanche 28 novembre 2010

Mon pense-bête littéraire....


Même plus jeune, j'ai toujours eu de grandes difficultés à retenir les noms et parfois même les visages des personnes que je ne voyais pas régulièrement ou qui ne m'avaient pas "frappée" d'une manière particulière...

C'est, je suppose, dû à la mémoire sélective qui nous permet d'aller à l'essentiel dans une vie bien remplie où l'on doit mener plusieurs activités de front et où le temps semble s'accélérer sans cesse....

Cet inconvénient (qui peut parfois aussi être un avantage, dans certaines circonstances.....) m'a toujours obligée, notamment dans mon activité professionnelle, à faire des plans de classe très détaillés, à mettre des étiquettes à chacun, ou à utiliser des moyens mnémotechniques afin de retenir l'identité de mes élèves le plus rapidement possible, et parfois à utiliser "des ruses de sioux" pour ne pas vexer certaines personnes très susceptibles qui ne pouvaient admettre qu'on puisse oublier leur nom!

Maintenant, en ayant "pris de la bouteille" je n'hésite plus à préciser que j'ai la mémoire qui "flanche" parfois et je n'ai plus honte de prendre des notes plus fréquemment encore, afin de me souvenir de tous et de tout ce qui fait ma vie! De cette manière, je peux me permettre de ne pas chanter trop souvent "Le tourbillon de la vie" chanson, tellement juste et si bien interprétée par la grande jeanne Moreau...

Comme la lecture est une des mes passions, et que je me suis aperçue, lisant beaucoup et parfois trop vite que j'avais tendance à oublier les titres et les auteurs de certains ouvrages, j'ai décidé de faire régulièrement ce travail de mémoire et de vous faire partager (ou non) les titres, un bref résumé et mon appréciation sur les livres lus récemment.
Vade retro Alzeihmer........

"L'entreprise des Indes" d'Erik ORSENNA.

Roman historique, dans lequel l'auteur parle de la découverte de l'Amérique et de la vie de Christophe Colomb racontée par son frère.Très agréable , facile à lire et très intéressant pour ceux qui aiment l'histoire et les récits concernant la vie d'hommes ou de femmes de passion.

"Labyrinthe" de Kate MOSSE.

Thriller "ésotérique" se déroulant principalement à Carcassonne et mêlant des faits historiques réels , l'histoire des Cathares et de la croisade menée contre eux au XIIIème siècle, à une enquête "historico-policière" faite par une jeune archéologue anglaise pour retouver des documents restés secrets pendant des siècles et faisant des révélations sur cette sombre période de l'histoire du Sud de la France.
Kate Mosse, écrivaine anglaise contemporaine, a reçu pour ce roman un prix au British Book Awards et est très agréable à lire.

"100 expressions à sauver" de Bernard PIVOT.

Petit ouvrage très amusant nous rappelant de nombreuses expressions françaises qui parfois tombent en désuétude et dont Pivot nous explique l'origine , le sens et les raisons de les maintenir vivantes avec toute la verve qui fait son charme.

"Un diamant brut" de Yvette SZCZUPAK-THOMAS.

Livre de mémoires d'une jeune orpheline adoptée, après une enfance passée de façon misérable dans différents foyers, adoptée finalement en 1942 par un couple d'intellectuels parisiens qui vont lui faire connaître de grands artistes de l'époque, tels que Picasso, Braque, Bataille, Paul Eluard....
Récit passionnant écrit dans une langue très vivante et "réinventée" qui joue avec les mots: un style très "visuel" qui en quelques mots ou phrases nous transporte dans les lieux et l'action...

"Le crépuscule d'une idole" de Michel ONFRAY.

Ouvrage rébarbatif et difficile à lire, (je n'ai d'ailleurs pas pu le terminer!) qui , à mon avis aurait pu compter une petite centaine de pages , au lieu de 600, et qui consiste en une diatribe contre Freud et son travail et est en fait une entreprise de démolition pure et simple.
Je ne suis pas une inconditionnelle de la doctrine freudienne, loin de là; mais, avec ce livre l'auteur, philosophe qui semble n'avoir que des certitudes (alors qu'à mon humble avis, la philosophie, c'est d'abord le doute, puis un essai d'explication de la vie) entreprend, sans vraiment étayer ses dires, de démolir complètement l'homme Freud et sa doctrine.
Bref, vous aurez compris que cet essai ne m'a vraiment pas emballée.....

"L e transfert des cendres" de Fawzi MELLAH.

En cours de lecture, je n'ai pas encore terminé, ce roman. Mais les débuts sont prometteurs pour l'amatrice de romans historiques que je suis.
L'auteur, juriste et politologue tunisien , rend hommage aux moines de Sainte Catherine au Sinaï et nous emmène dans une intrigue mêlant religion, passion, intérêt, orgueil et vanité.: le vol d'un manuscrit de la bible appartenant à ces moines et qui voudraient le récupérer.
Et c'est un écrivain, musulman sunnite, qui nous livre cette histoire souvent oubliée de la religion chrétienne: bel exemple de tolérance et de compréhension entre les religions et qui devraient faire réfléchir certains....

Voilà, suite au prochain numéro, comme il est dit dans les feuilletons.....

samedi 20 novembre 2010

Liège: ma ville, mes racines.





Depuis un long moment, me trotte dans la tête et dans le cœur, l'envie de parler de ma ville natale, et de faire partager , peut-être, à ceux qui ne la connaissent pas l'envie de la visiter.

Mais c'est principalement, la nostalgie d'une expatriée (même volontaire) qui me pousse à vouloir écrire une chronique sur la "courte" partie de ma vie que j'y ai passée, par rapport à celle que je vis depuis plus de 40 ans dans ma ville d'adoption.

Cette chronique sera donc, avant tout, des souvenirs et des émotions ressenties, chaque fois que j'y retourne et une manière de me rappeler et de rappeler à ceux que j'aime, ou qui me liront un jour, ce qu'elle représente pour moi.

En premier lieu, afin de vous aider à visualiser mentalement la ville , je vais citer le début d'un livre écrit par une native de Liège (Vera Feyder) , y ayant passé son enfance, puis partie vivre à Paris (petit livre où j'ai retrouvé le ressenti, les sensations et les émotions que moi-même j'y ai connus).

Fluviale et épiscopale, la ville basse a toujours offert à la haute l'éventail bleuté de son panorama mosan que brumes et fumées n'ont jamais réussi à noyer sans qu'émergent, par tous les temps, les flèches, les tours, les clochers de ce qui fit de Liège, à l'orée du premier millénaire, un des hauts lieux du clergé européen.


Liège, en wallon, Lîdje, est une ville très ancienne (elle fut longtemps un principauté puissante dirigée par un prince-évêque dont le palais est devenu l'actuel palais de justice), construite au fond d'un cuvette formée par le confluent de la Meuse et de l'Ourthe et entourées de toutes parts de collines souvent abruptes, situation qui va influencer son histoire et la manière d'y vivre.

Comme, je ne compte pas faire ici une chronique historique , je vais vous parler maintenant de mes souvenirs et des endroits où j'ai vécu.

Je suis née, rue de Campine (dont le nom vient de la grande plaine sablonneuse qui s'étend sur les provinces d'Anvers et du Limbourg), rue très pentue, datant des environs de 1870, et qui mène du centre ville à la montagne Sainte Walburge.
Pour la petite histoire; je suis , paraît-il, née un dimanche de match de football de l'équipe préférée de notre médecin de famille (oncle de mon père!). De ce fait, fervent supporter de cette équipe , étant parti au stade et injoignable (à cette époque, pas de téléphone portable!) mon père se retrouva seul avec sa belle-mère complètement affolée pour aider maman à accoucher dans la cuisine. Cet épisode traumatisant mais qui s'est finalement bien terminé lui a toujours laissé des souvenirs impérissables et un grand ressentiment envers son oncle.......

Et qui sait, peut-être est-ce la raison pour laquelle je n'aime pas trop les dimanches et je déteste le football!

Je n'ai moi aucun souvenir de cette maison. Mes parents ont déménagé quelques années après ma naissance pour aller habiter un appartement plus spacieux dans la maison des tantes de mon père (deux vieilles filles, sœurs du fameux oncle Maurice, le médecin qui avait abandonné mon père dans l'épreuve de l'accouchement de son premier enfant.....) . En effet, ma sœur allait nâitre et l'appartement de la rue de Campine était trop petit, surtout que ma grand-mère maternelle, veuve de la première guerre mondiale, vivait encore avec mes parents à cette époque.
J'avais 3 ans.

Cette maison se situait rue des Houblonnières, dans le quartier de Fétinne, pas loin du parc de la Boverie situé entre la Meuse et sa dérivation.
Le nom de cette rue (les Houblonnières,) rappelle la destination antérieure du quartier qui vécut de nombreuses années de la culture du houblon. Cette rue fut crée au XIXème siècle pour relier la rue de Fétinne à la rue des Vennes.

J'ai gardé des souvenirs très vivaces des années passées dans cette maison.
Je passais de l'appartement de mes parents à celui de mes tantes très régulièrement, maman était très occupée par son deuxième bébé.

Je me rappelle des sorties régulières avec tante Mariette, directrice d'école, qui m'emmenait régulièrement au jardin d'Acclimatation ou parc de la Boverie où eut lieu l'exposition universelle de 1905.
J'adorais la roseraie, tous les jardiniers me connaissaient et m'offraient régulièrement une rose. De ces lointains souvenirs, vient peut-être mon amour des plantes et du jardinage... Qui sait?
Je me souviens aussi de l'enclos des daims,du petit écureuil baptisé "Gamin" et qui venait me manger dans la main lorsque je l'appelais, du magnifique paon de l'enclos situé près du Mosan, salon de thé du parc, situé le long de la Meuse et d'où l'on voyait défiler à un rythme soutenu les péniches sur le fleuve.....
Moins bon souvenir, celui-là: l'apprentissage de l'écriture avec tante Mariette, à coup de règle sur les doigts, car j'étais gauchère, et il fallait écrire à la main droite!!!

Puis, je suis entrée à l'école maternelle de la rue des Vergers et c'est là que j'ai connu "mon permier amour": il s'appelait Coco Mévisse et nous promenions dans le jardin interdit du milieu de la cour de récréation, la main dans la main..... et nous faisions régulièrement punir pour notre désobéissance!

Puis, la situation financière de mes parents s'est améliorée et ils ont pu racheter une "maison de maître" ayant appartenu au grand-père de papa, Avenue de l'Observatoire.
Le déménagement de la rue des Houblonnières à l'Avenue, se fit juste avant mon entrée à l'école primaire.

L'avenue de l'Observatoire, ainsi appelée à cause de l'établissement scientifique situé sur le plateau de Cointe où elle menait, était située dans un quartier résidentiel.
La maison était grande, spacieuse et confortable avec un jardin où j'ai beaucoup joué , une grande chambre au deuxième étage de la maison, donnant sur la rue, toujours très animée par le passage des trolleybus montant à Cointe, et les trains venant de la gare des Guillemins et traversant le pont métallique du bas de l'avenue dans un bruit d'enfer, car, ils montaient la côte d'Ans assez raide en quittant la gare... Et n'oublions pas que, vu mon âge qui commence à devenir "canonique", quand je suis arrivée dans cette maison, les locomotives étaient encore à vapeur!

La plus grande partie de mon existence à Liège s'est déroulée là.

Je suis allée à l'école primaire du Boulevard d'Avroy, aménagé sur un ancien bras de la Meuse, et qui relie la rue Saint Gilles à la rue des Guillemins.
Cette école existe toujours et est située juste à côté de la grande loge maçonnique datant de 1775. L'immense porte en bronze, décorée de motifs égyptiens et pharaoniques nous intriguaient beaucoup, et de drôles d'histoires, un peu effrayantes circulaient sur ce qui se passait à l'intérieur de cette antre mystérieux.... De sorte que les rares fois où elle s'ouvrait et où l'on pouvait voir un long couloir menant à la loge, c'est à peine, si nous osions regarder, tellement "les petites filles modèles" que nous étions censées être étaient effrayées!
J'ai passé tout mon cycle primaire dans cette école, puis pour le secondaire, je suis allée, un peu plus loin sur ce même boulevard au Lycée Léonie de Waha: le lycée le plus réputé pour les jeunes filles (à l'époque, les écoles n'étaient pas mixtes).
Le lycée avait été construit sur l'emplacement de l'ancienne verrerie d'Avroy aux environs de 1900.

J'y suivais les cours des humanités gréco-latines, filière qui n'existe plus aujourd'hui, formation qui m'a donné le goût de la langue de la littérature et peut-être aussi de l'écriture.

C'est là que j'ai connu,dans les dernières années de lycée, mes premiers émois amoureux, les petits copains qui nous attendaient , mes amies et moi, à la sortie du lycée, en cachette des parents et des professeurs: on ne badinait pas avec "la bienséance"!

Il y avait ceux qui faisaient batte notre cœur d'adolescente (venant souvent de l'Athénée de la rue des Clarisses, ou du collège Saint-Servais (que fréquentent maintenant mes petits-fils: l'histoire est un éternel recommencement!), et puis celui que je fuyais comme la peste, Jean-Michel, le petit roux habitant juste en face de chez nous et me harcelant, se cachant derrière les arbres du boulevard à la sorte du lycée, car il savait que je ne le supportais pas, puis surgissant, brusquement à mon passage......
Que de souvenirs qui m'émeuvent et me font rire aujourd'hui!

Ma dernière année de Lycée, j'ai rencontré celui qui allait devenir mon mari et le père de mes enfants. Et j'en suis tombée follement amoureuse!
Comme il était tunisien, autant vous dire que mes parents, petits bourgeois à l'esprit bien-pensant et souvent un peu étroit, n'ont pas accueilli cette liaison avec beaucoup de joie, bien au contraire. Le fruit défendu, c'est bien connu a toujours plus de charme que d'autres, donc
ce fut le temps des rencontres en cachette, dans les petits cafés du "Carré" pendant certaines heures "d'école buissonnière",

Un petit mot sur le quartier du "Carré" centre de la ville, appelé ainsi car délimité par quatre rues, et lieu privilégié de la vie estudiantine et festive de la ville: cinémas, cafés, boîtes de nuits, magasins: l'endroit où l'on s'amuse et où il fallait être vu, et même encore maintenant d'ailleurs.

Le lycée terminé, j'ai fait mes études supérieures à l'école des Hautes Études, rue Sohet dans le quartier des Guillemins ,.Pas vraiment par goût (mes parents m'ayant empêchée de faire les études qui me plaisaient le plus (horticulture ou histoire de l'art et archéologie) pour d'obscures raisons pas vraiment fondées..... mais tout simplement parce que Mahmoud y était inscrit!
Je n'ai pourtant jamais aimé le commerce, mais que ne fait-on pas par amour!
Et ce sera là que se termine ma vie dans ma ville. Car, très vite je vais me marier et suivre mon mari à Tunis.

Mais mes racines restent profondément ancrées dans ma vile natale, et j'éprouve un besoin presque physique d'y retourner chaque année et de plus en plus, en prenant de l'âge.

Et, ironie du sort, après avoir quitté le quartier de Fétinne, très jeune, c'est là que je retourne maintenant chaque année.....
Après la mort de Maman (encore trop jeune malheureusement) mon père a revendu la maison de l'Avenue de l'Observatoire pour acheter un appartement Quai Mativa, dans le quartier de ma petite enfance. les Vennes!
Ce quai se situe le long de la dérivation de la Meuse face au parc de la Boverie , où j'ai passé tant de bons moments...
Ma sœur a acheté un appartement sur le même quai, et une fois Papa décédé lui aussi, c'est mon fils qui l'occupe et mes petits-enfants ont sous les yeux la vue arborée du parc ou leur grnad-mère a passé une partie de ses jeunes années.

C'est donc toujours avec une grande joie et beaucoup d'émotions que je retrouve ces endroits tant aimés, lors de mes séjours en Belgique.

Au fil des années, bien des choses ont changé dans ma ville bien sûr (pas toujours en bien d'ailleurs) mais j'ai l'impression chaque fois que j'y reviens de ne l'avoir jamais quittée et d'y retrouver les traces de mes pas lorsque je l'arpentais dans mon enfance et ma jeunesse.

Je m'y "repromène" avec un plaisir toujours renouvelé, surtout le long des quais de la Meuse, car pour moi, une ville traversée par un grand fleuve a une âme que d'autres n'ont pas.
Le va- et- vient des péniches, le clapotis de l'eau contre les berges, les reflets du soleil sur les vaguelettes qui l'agitent, tout cela donne de la vie à la ville.
Et comme de plus, elle contient un patrimoine artistique très important et remis en valeur dans bien des endroits laissés à l'abandon puis enfin restaurés et réhabilités , que de découvertes je fais encore!
Car quand, j'y vivais, j'étais jeune, je n'avais ni le temps ni l'envie d'y flâner, et je la connaissais très mal finalement, puisque c'était, maison, études, maison (presque métro, boulot, dodo!).

Et lorsque l'on se trouve en haut des collines entourant la ville, quel panorama grandiose !
Vous l'aurez compris, je crois, j'aime Liège et je pourrais en parler encore longtemps.....



NB: je tiens à préciser que les renseignement assez précis sur certaines rues de Liège, je les ai trouvés dans l'œuvre de Théodore Gobert "Liège à travers les âges" (11 volumes).

vendredi 22 octobre 2010

Conte satirique: histoire douce-amère de mon pays.



Comme dans tous les contes, je commence par la formule consacrée, il était une fois.

Donc, il était une fois un tout petit pays (pas plus de 30.528Km2: une "chiure de mouche" à l'échelle mondiale!) qui, malgré ce fait, avait tous les atouts et les cartes gagnantes en main pour devenir "grand" et où il aurait fait bon vivre.

Mais de méchantes fées s'étaient penchées sur son berceau, lors de sa création, en 1830 (vous voyez , là aussi, qu'il est fort jeune ce pays, donc en pleine force de l'âge!).

Ce pays, qui depuis le Moyen-Age était un centre commercial et culturel prospère (Gand ne fut-elle pas la capitale de Charles-Quint...) est devenu le prototype, au grand dam de ses habitants, du ridicule politique et des crises à répétition.....

Essayons de comprendre "le pourquoi du comment"...

Ce pays, la Belgique pour ne pas le citer, situé au Nord de l'Europe a été formé par la réunion de trois communautés linguistiques et culturelles assez différentes.
Monarchie parlementaire, elle est constituée au Nord par la Flandre néerlandophone (parlant le flamand, patois dérivé du Néerlandais), au Sud par la Wallonie, francophone et francophile, et à l'Est par la communauté germanophone (assez restreinte par rapport aux deux autres) parlant l'allemand.

Depuis le début, des heurts ont souvent eu lieu entre les deux communautés principales: les Flamands et les Wallons. Mais toujours, un accord de compromis est intervenu et la Belgique a continué son chemin vaille que vaille.
Très industrialisée et tournée vers le futur et les nouvelles technologies, elle a connu dans les années d'après guerre, une période d'essor et de prospérité où la Wallonie d'abord a prédomné, puis après les années 60 et le déclin de l'exploitation des mines de charbon, la Flandre a commencé à prendre le dessus économiquement.

La Belgique, lors de son âge d'or a été un des précurseurs et des membres fondateurs de l'Union Européenne, Bruxelles, sa capitale, devenant ainsi la capitale des institutions européennes.

Ce petit pays, patchwork de cultures différentes aurait donc pu devenir "un petit paradis" pour ses habitants. (Et, il l' a été pendant un certains nombres d'année!)
C'était sans compter avec les extrémistes de tout bord, les politicards et autres semeurs de zizanie!

Les Belges, bons vivants et grands pratiquants de l'auto-dérision) se chamaillaient souvent, se traitant de noms d'oiseaux entre les deux grandes communautés, se moquant l'une de l'autre et vice-versa.
Les habitants ont même crée "la belgitude" (petit clin d'œil à la négritude de Léopold Sedar Senghor) qui est l'image de l'identité belge.

Le Belge n'est ni Français, ni Néerlandais, ni Allemand mais il est un peu tout cela à la fois.

Une des émissions favorites des Belges et qui tient le coup depuis 1982 est "Sois Belge, et tais-toi" créée par André Remy et mêlant sketches, parodies et chansons, principalement dirigées évidemment contre les politiques.

Depuis plusieurs années déjà, en fait depuis la "fédéralisation" de la Belgique en 1994, tout s'est emballé: l'incompréhension entre les communautés flamandes et wallonnes, la crise économique, la montée des partis nationalistes et "intégristes de tous bords". Tous ces éléments , dans les mains de politicards souvent véreux, ont mis le feu aux poudres.

Et depuis plusieurs années, les crises politiques se succèdent et s'enveniment toujours plus, et la Belgique et ses habitants stagnent et se déchirent.
Les élections se succèdent; aucun consensus n'est trouvé ou alors pour un temps très court, et recommencent alors "les disputes de cours de récréation" entre hommes politiques.....
Et, on en arrive à parler de scission du pays! Où allons-nous? Droit dans le mur, semble-t-il!

Mais, étant belge, nous gardons le sens de l'humour, heureusement.
On peut alors entendre parler d'un gouvernement "orange bleue", d'une coalition arc-en-ciel....
Mais que sont donc que ces bizarreries, me demandent mes amis étrangers????
Tout simplement , le mélange de couleurs des différents partis qui s'allient pour quelques semaines ou quelques mois pour former un gouvernement!

Et le roi dans tout cela, me direz-vous? Il rame, essayant de concilier les différents courants, de pacifier les relations, mais sans beaucoup d'entrain: il est pratiquement sans pouvoir et ne représente qu'une belle "image d'Epinal", bien embêté d'être confronté, durant son règne qu'il n'avait pas vraiment souhaité, à tant de difficultés et de disputes incessantes!!

Dernier épisode du feuilleton trajico-burlesque" de cette année: depuis les élections législatives de juin 2010, les nombreux courants politiques de ce petit pays se déchirent sur des questions linguistiques, ne voulant pas être dirigés par le chef flamand du parti légalement élu!!

Essayez donc d'y comprendre quelque chose! Même, nous les Belges, habitués pourtant à ce genre de "clowneries" y perdons notre latin..... enfin notre français et notre flamand!

Après les élections, pour essayer de trouver un accord valable, le roi a nommé:
  • un préformateur
  • un informateur
  • un médiateur
  • un conciliateur, tout cela pour essayer de trouver un formateur pour trouver un consensus et avoir enfin un gouvernement.
Je pense qu'Albert II a des dispositions pour a poésie puisque toutes les personnes qu'ils nomment ont un nom en "eur"

Je pense qu'après, nous allons avoir un modérateur, un pacificateur, un démineur pour désamorcer les bombes que tous ces messieurs se renvoient...
Mais, n'aurait-il pas fallu commencer par un éclaireur, c'eut été plus logique, non?
Et maintenant, il nous faut trouver un jongleur,un amuseur puis enfin un sauveur qui apportera enfin le bonheur à la petite Belgique ........

Suite du feuilleton au prochain numéro.

En attendant, la situation économique et financière du petit peuple belge va en empirant car le gouvernement démissionnaire ne "gère" que les "affaires courantes".

N'est-ce pas beau la politique?

dimanche 25 juillet 2010

Les saisons de la vie: Saison 4: l'âge mûr ou le début de l'hiver.




La vie peut seulement être comprise en regardant derrière soi mais elle peut seulement être vécue en regardant vers l'avant.

Cette citation du philosophe Soren Kierkegaard me permet d'entamer la quatrième saison, et en principe, dernière saison de la vie, celle que j'appelle âge mûr (peut-être par euphémisme!), et qui effectivement nous oblige souvent à nous retourner sur notre passé, notre vécu: ce que l'on a réalisé , bien ou seulement passablement, ce que l'on regrette de ne pas avoir fait ou mal fait, les personnes à qui parfois on a fait du mal sans le vouloir, nos bonnes et nos mauvaises actions: bref tous les aléas d'une vie bien remplie .

Que ces années ont passé vite! trop vite!

Sans s'en rendre compte, alors que notre esprit a toujours 20 ans, et même parfois moins, on s'aperçoit un jour que la plus longue partie de notre séjour sur terre est passée et qu'il nous faut vite essayer de réaliser tout ce que le quotidien, et parfois la paresse ou 'idée qu'on avait tout le temps devant soi pour le faire, nous a empêchés de faire!

Alors, puisque maintenant, on pense être plus libre et plus expérimenté, nous aimerions entreprendre , agir, changer notre quotidien, apprendre encore et toujours, surtout sur des sujets qui nous passionnent vraiment, offrir encore de l'amour et en recevoir ,et ce, sans perdre de temps, puisque nous ne savons pas s'il nous en reste beaucoup!

Malheureusement, si notre esprit est resté vif et avide de tout, le physique est souvent là pour nous rappeler que nous n'avons plus 20 ans!

Tout ce dont on se jouait avec aisance, que l'on faisait sans trop d'effort, nous pèse maintenant, et nos douleurs articulaires ou autres nous rappellent à l'ordre......
Tout nous fatigue plus vite, certaines choses nous agacent, nous ne supportons plus certaines personnes et certaines contraintes.....
Notre corps a changé et notre nouvelle image ne nous plaît pas vraiment, mais c'est inéluctable et il nous faut nous accepter tels que nous sommes devenus: pas toujours facile, facile, surtout pour une femme!

Mais, à côté de ces "inconvénients", de cette distorsion entre le physique et le mental, que de chose à transmettre à nos petits-enfants, que de joies nouvelles, grâce à eux, que de soucis aussi parfois, et que de défis à relever encore et toujours pour ne pas se laisser dépasser, et "être au top" comme ils disent!

Donc, toujours aller de l'avant, bouger, changer, vouloir, "envie d'avoir envie" et surtout ne pas se laisser aller!

Se dire aussi que la vie n'est pas finie, et que nous aurons peut-être encore de nombreuses années devant nous, donc essayer de se maintenir en forme, et ne pas se laisser envahir par la nostalgie, même si parfois elle vient nous "chatouiller les neurones"!

Alors, en avant toute et vogue la galère, le mieux et le plus loin possible!

Et donc, continuons à voguer au gré des vents bons ou mauvais à l'image du voilier illustrant cette dernière chronique!

lundi 12 juillet 2010

Les saisons de la vie: Saison 3: l'âge adulte ou le début de l'automne.

Passons maintenant à la troisième saison de la vie: celle où nous sommes devenus des femmes ou des hommes responsables, ayant acquis une certaine expérience et une "certaine sagesse".

Deux citations que j'apprécie particulièrement pour illustrer mes propos: la première de Simone de Beauvoir, la seconde d'Emmanuel Mounier.
Qu'est-ce qu'un adulte? Un enfant gonflé d'âge.

L'âge adulte est l'âge propre de l'adaptation. Mûrir, c'est trouver sa place dans le monde.

Être un(e) adulte: vaste programme vers lequel nous avons tendu depuis notre enfance et qui à l'adolescence devenait le but ultime à atteindre!
Celui où l'on pouvait enfin se réaliser, suivre son instinct, faire ses choix et si possible les assumer.

Mais sommes-nous vraiment libres? Question existentielle à laquelle il est parfois très difficile de donner une réponse valable....

L'âge adulte...
Celui où l'on rencontre l'homme ou la femme de sa vie, celui où l'on aspire à fonder une famille
après des études (ou pas) souvent longues et difficiles et avoir livré bataille pour trouver la situation de nos rêves qui nous permettrait justement de nous assurer un train de vie décent.

De la trentaine à la quarantaine: la décennie de l'épanouissement moral et physique; celui dont nous les femmes rêvons depuis si longtemps: mettre au monde, puis tenir dans nos bras nos enfants, les élever au mieux tout en se consacrant à notre mari, à notre maison, à notre carrière.

Se croire capable de relever tous ces défis avec facilité et sans rien sacrifier: douce utopie!

Malgré les bonheurs et les joies, les accidents ou malheurs surmontés, notre belle énergie ne suffit pas à concilier toutes ces aspirations!
Et, nous devons en conséquence, sacrifier une partie de nos belles ambitions et parfois y renoncer définitivement.

Nous prenons conscience alors de nos limites, du fait que nos beaux rêves ne se réaliseront pas tous, ou alors au prix de combien de sacrifices souvent douloureux.
Mais, si nous avons la santé bien sûr, nous sommes capables d'accomplir des "miracles", de connaître de grands bonheurs (le plus grand étant de bien élever ses enfants, de les voir grandir sainement physiquement et mentalement) malgré les aléas de la vie.
Et au final de toujours avancer ou de se relever lorsque l'on est tombé puis de repartir....

Mais, cet âge adulte dont nous attendions tellement enfant ou adolescent, nous nous rendons enfin compte qu'il est une des saisons les plus éprouvantes de la vie!

Mais qu'il passe vite malgré tout, et que nous aimerions le prolonger avant d'aborder la quatrième et dernière saison de la vie: l'hiver!