lundi 27 juin 2011

Légèreté ou désinvolture ?


Paresse ou vie par procuration grâce aux livres ?

Quelques questions "existentielles" que je me pose, au vu du temps passant à la vitesse de l'éclair et à mes "absences" dans ce blog qui pourtant est un ami pour moi!

  • Peut-être cet abandon temporaire est-il simplement dû à une vie bien remplie ces derniers temps , à une certaine nonchalance et à un manque d'assiduité dans plusieurs de mes activités ?
  • Qui sait, qui pourrait trouver la réponse, sinon moi ?
  • Peut-être aussi, ce peu d'écrits vient-il des changements profonds survenus dans le pays?
  • De la recherche frénétique d'informations fiables, des questions sur l'avenir, des espoirs et des désillusions , des alternances entre optimisme délirant et pessimisme le plus noir devant les faits et les agissements de certains?
  • De mon manque de courage, de ma "frilosité" pour participer à certaines actions , qui pourtant me semblent évidentes et essentielles?
  • Ou bien tout simplement le fait de me sentir "comblée" par de nouvelles rencontres, grâce au club de lecture qui permet des échanges enrichissants de points de vue différents en toute liberté et dans le respect des opinions de l'autre?
  • Peut-être est-ce tout cela à la fois ou plus simplement un peu de paresse et de manque de confiance en moi?
  • Peut-être aussi me pose-je trop de questions et vaudrait-il mieux que je vive un peu plus légèrement et en essayant de ne pas disséquer tous mes actes (manqués ou non) et toutes mes pensées???
Vivre l'instant présent comme il vient..... Prendre le meilleur et ne plus trop réfléchir...... et surtout ne plus culpabiliser sur ce que je n'ai pas fait ou ce que j'ai "mal fait"....

Peut-être est-ce là le bonheur et la sérénité??

samedi 16 avril 2011

Modeste "critique littéraire" de mes lectures des mois de mars et avril

Comme je le fais assez régulièrement, je vous livre ici mon ressenti sur mes lectures récentes. Un peu pour donner à certains des idées de lecture, mais surtout, pour me rappeler avec plus de précisions les titres et auteurs lus car ,mon "âge avancé" et mes nombreux autres centres d'intérêt entraînent par fois des trous de mémoire......

  • La chambre ardente de MAX GALLO.
Court récit sur "l'Affaire des Poisons" qui a agité le règne de Louis XIV. Comme d'habitude, ce petit ouvrage très documenté est écrit avec brio par ce grand écrivain et historien qu'est Max Gallo. L'auteur nous dit ceci: "Rien de ce qui compose la matière de ce récit n'a été imaginé - comment aller au-delà de ce réel historique déjà fantastique? -, sinon l'existence et la forme de cette Relation particulière prêtée à un véritable ambassadeur de Venise à la cour du Roi."

  • L'élégance du hérisson de MURIEL BARBERY.
Excellent roman d'un écriture brillante nous racontant la vie d'une concierge atypique d'un immeuble bourgeois et d'une jeune adolescente habitant cet immeuble. Tout semble les séparer et pourtant elles vont se rapprocher à la faveur de l'emménagement d'un nouveau locataire dans l'immeuble.
Je ne vous en dit pas plus sur l'histoire: il faut lire le livre pour en apprécier tout le sel et la leçon de vie que l'on peut tous en tirer.
Un film (suivant bien le roman) a été tourné avec une Josiane Balasko excellente et très émouvante dans le rôle de de la concierge.

  • L'Empire du silence de JACQUES LANZMANN.
A la fois roman d'aventures picaresques et conte philosophique, ce roman est surtout et avant tout une ode à la splendeur et à la fascination que le désert peut exercer sur l'Homme. Le grand voyageur qu'était l'auteur nous entraîne avec talent dans cet univers, tout à la fois enchanteur et destructeur.

  • Le chant des sorcières de MIREILLE CALMEL.
Roman en 3 tomes. Savant mélange entre histoire de la fin du Moyen-Age et légendes et croyances de l'époque.
L'écrivaine nous entraîne dans une cour seigneuriale de la fin du XVème siècle et nous donne une image bien documentée de la vie dans ces "cours d'amour courtois" ( on l' appelait "amour courtois " mais il mêlait beaucoup plus souvent qu'on ne le croit le sentimental au charnel...).
Et aux faits réels s'entrelaçaient très fréquemment à cette époque les croyances en l'existence des sorcières, mages et enchanteurs dont la vie étaient intimement mêlées à celles des humains.
Ce livre plaira à toutes celles et ceux qui ont su (dans un coin de leur cœur) gardé une âme d'enfant et se laisser prendre à l'irrationnel et aux merveilleux.

dimanche 10 avril 2011

Les plaisirs sensuels du jardinage



Regarder quelque chose pousser est bon pour le moral. Cela vous aide à croire en la vie.
(Myron S. Kaufmann)


Tous les jardiniers professionnels ou amateurs (dont je suis) comprendront et approuveront, je pense, ce que sous-entend le titre de ce texte.

Quand on la chance d'avoir un jardin et d'être amoureux de la nature, nos cinq sens profitent des joies procurées par le travail de "sa terre".

Tous ceux qui s'adonnent à la passion du jardinage ont connu, à un moment ou l'autre, l'excitation et la joie ressenties , lorsqu'après de nombreux tâtonnements, diverses expériences malheureuses, pas mal de sueur et d'énergie dépensées, on voit enfin ses efforts récompensés: des fleurs et des arbres là où il n'y avait rien (ou une friche délaissée)!

Malgré la fatigue, le mal de dos, les éraflures et piqûres, le fait de travailler la terre semble devenir une drogue..... Je pense qu'alors notre cerveau fabrique plus de dopamine, hormone du plaisir et de la dépendance qui nous pousse dans nos derniers retranchements et nous donne un plaisir exceptionnel! Ces endorphines nous empêchent d'arrêter malgré les courbatures et les douleurs diverses .......

Tous nos sens sont sans arrêt sollicités et très souvent satisfaits.

L'odorat
Sentir l'arôme dégagé par le froissement d'une feuille, le parfum d'une fleur, l'odeur de la terre et des végétaux rafraîchis par pluie ou l'arrosage......
Le toucher
Laisser glisser entre ses doigts la terre chaude du soleil de la journée , entrer en contact avec le velouté d'un pétale, froisser délicatement le feuillage....
La vue
Se repaître sans se lasser de l'éclat d'une couleur, du jeu miroitant de la lumière dans le feuillage d'un arbre, de la beauté et de la légèreté d'une corolle ou d'une grappe de fleurs....
L'ouïe
Écouter le ramage des oiseaux et le bruit du vent dans les branches....
Le goût
Apprendre les différentes saveurs: douces, sucrées, piquantes ou amères des plantes et fruits du jardin....

A tous ces plaisirs s'ajoute le bénéfice de la vie au grand air et de l'exercice physique car le jardinage peut être aussi un sport à par entière.

Petit bémol à cette "chronique": l'âge et ses différents maux peuvent nous forcer à restreindre certaines de nos activités au jardin, mais les faire cesser surement pas, sauf cas de force majeure!
C'est pourquoi, je terminerai par une citation humoristique d'Olivier Pritchett:
"L'un des sons les plus agréables qui soit donné d'entendre au printemps, c'est l'exaltation contenue des ostéopathes au moment où l'Homme prend sa bêche."

lundi 21 mars 2011

Lecture pasionnante: "Inch Allah"










Je viens de terminer une fresque historique passionnante qui donne un éclairage , ô combien intéressant, sur le Moyen-orient et permet de trouver quelques clés au marasme et aux malheurs qu' a vécu et vit encore cette région du monde.

Il s'agit de la dernière œuvre de Gilbert Sinoué: Inch Allah.
Deux tomes : Le Souffle du Jasmin et le Cri des pierres.

Dans ce roman historique, l'auteur tente de nous expliquer à travers la vie de quatre familles (une égyptienne, une palestinienne, une juive et une irakienne) les drames vécus dans ces pays ainsi qu' au Liban, Syrie et Arabie Saoudite et dans les autres pays du Golfe persique et ce, depuis leur création "artificielle" voulue par les Anglais et les Français après la chute de l'empire ottoman.
Cette fresque écrite par Sinoué se déroule sur la période allant de 1916 à 20o1. Nous voyons donc se dérouler l'histoire de cette région sur près d'un siècle.

Alors que nous vivons depuis le début de cette année 2011 de profonds bouleversements dans plusieurs pays arabes dont les peuples aspirent à plus de liberté et de démocratie après des décennies de dictature et de tyrannie, la lecture de ce livre nous permet de mieux comprendre pourquoi certaines populations se déchirent et se font la guerre sans parvenir à trouver la paix.

Bref résumé des deux tomes.

A la fin de la première guerre mondiale, la chute définitive de l'empire ottoman (qui s'était allié à l'Allemagne dans cette guerre) va précipiter les habitants de tout le Moyen-Orient dans une situation de précarité et de haine, de guerres incessantes et de profonds bouleversements dus aux visées colonialistes des Anglais et des Français qui se sont partagés arbitrairement la région.

L'Angleterre, plus particulièrement, a mené à partir de 1915 une politique très ambiguë en voulant rallier les Arabes contre les Turcs et amener les Juifs d'Amérique à lutter contre l'Allemagne. Pour ce faire, elle a fait miroiter l'indépendance aux Palestiniens tout en promettant aux juifs de leur créer un état en Palestine!!
C'est la déclaration Balfour (premier ministre du Royaume-Uni de 1902 à 1915) qui crée "un foyer national" juif en Palestine en 1917 et qui va mettre le feu aux poudres et entraîner une situation "apocalyptique" dans toute la région, et ce, jusqu'à nos jours....
Attentats, guerres , massacres, instabilité politique vont se succéder.
Car, à vouloir jouer "les apprentis sorciers" et en se partageant le "gâteau" économique que représentent ces pays en ne tenant absolument pas compte des particularités, des religions et des aspirations de ces peuples, le Royaume-Uni et la France (appuyés par les États-Unis) ont crée une poudrière génératrice du chaos actuel .

Plutôt que d'allonger ce résumé, je vais mettre en exergue quelques lignes du roman qui donnent une idée de ce que pensaient (et pensent encore) beaucoup de politiciens, et montrent clairement leurs visées purement économiques au détriment des aspirations des populations des pays qu'ils se partagent.

.... "Je détiens le clés qui gèrent le monde. Elles sont au nombre de deux: le cynisme et la voracité des puissants. l'une étant indissociable de l'autre. Croyez-vous que si la France ne prenait pas la Syrie, l'Angleterre ne le ferait pas?"
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.... "Vous savez bien qu'un tant que nation les Arabes n'existent pas. Ils ne sont qu'un agrégat de tribus. D'ailleurs, si nous nous y prenons correctement, ils resteront ce qu'ils sont: un tissu de petites factions jalouse les unes des autres et incapables de cohésion."
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.... ""Le problème de ces peuples est justement qu'ils ne sont pas en état de disposer d'eux-mêmes. Ils ont été affaiblis par des siècles de tutelle ottomane. Nous les aidons à devenir des états modernes."
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.... "Les récents événements au Moyen-Orient démontrent en tout cas que ce n'est pas ainsi que les Arabes perçoivent les efforts de la France et de l'Angleterre. Non seulement vous les humiliez publiquement, mais, contrairement à des promesses solennelles réitérées au cours de nombreuses conférences internationales, vous leur refusez le contrôle de leurs territoires"


Ces quelques extraits montrent bien l'arrogance et le mépris des colonisateurs.......

Quelques mots sur l'auteur Gilbert Sinoué (dont j'apprécie énormément le style enlevé, fluide et très agréable à lire ainsi que la majorité de ses différents romans dont les petites histoires des personnages passionnants se resituent très souvent dans l'Histoire avec un grand H.)

Gilbert Sinoué est né en Égypte en 1947.
Il s'établit à Paris et commence par écrire des chansons, est scénariste et dialoguiste puis vers l'âge de 40 ans devient écrivain et se spécialise plus particulièrement dans le roman historique.

Quelques-uns de ses romans:

L'enfant de Bruges.
Avicenne ou la route d'Ispahan.

Le livre de saphir.
L'Égyptienne.
Erevan.

vendredi 4 février 2011

Article écrit pour inciter à la réflexion certains intolérants

Femmes célèbres de Tunisie

Ne m'étant jamais vraiment intéressée (je l'avoue bien humblement) à la position et à l'importance de la femme dans la société tunisienne à travers l'histoire, je ne pourrais et ne voudrais rivaliser avec des Tunisiennes de naissance dans ce domaine.

Depuis mon implantation dans ce pays, j'ai toujours vu les femmes tunisiennes des anciennes générations assez soumises à leurs maris, mais ayant légalement plus de droits (grâce au statut personnel instauré par Bourguiba) que la femme européenne, et ce au sens strict du droit (facilités pour le divorce, garde quasi automatique des enfants, droit au logement et à la pension alimentaire sans avoir à prouver quoi que ce soit, etc...)

J'étais, à mon arrivée, conditionnée par les "on-dits" et rumeurs des Européens quant à la condition féminine dans les pays musulmans, et par bon nombre d'idées fausses répandues par des gens qui n'avaient jamais mis un pied en Tunisie mais qui pourtant "savaient tout sur ce qui se passait ici" et m'ont dépeint un tableau des plus effrayant du sort qui m'attendait une fois mariée à un musulman. (Exemples d'affirmations de gens instruits et soi-disant bien informés: les femmes n'ont aucun droit là-bas, à part celui de servir leur mari; elles ne peuvent pas travailler, doivent sortir voilées, ne pas marcher à côté des hommes dans la rue; c'est une société faite et dirigées par les hommes: j'en passe et des meilleures........)
Bien sûr, il y avait heureusement des gens cultivés, plus ouverts et tolérants qui avaient contrebalancé ces affirmations.
Mais je dois admettre que, malgré tout, ce n'est pas sans une certaine angoisse que j'ai débarqué en Tunisie.

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une société très diversifiée où les sexes, les races, les religions se mélangeaient et vivaient le plus souvent en harmonie, sans intolérance et dans le respect des croyances socio-culturelles de l'autre.
Une société, où, même dans les familles vivant de manière ancestrale, la femme sous des dehors assez soumis aux hommes de la famille, faisait quand même ce qu'elle voulait et ce qui lui plaisait!
On m'avait parlé de société purement patriarcale et je découvrais, au contraire, dans la majorité des familles que je fréquentais une société plutôt matriarcale où finalement c'était plus les femmes qui "dirigeaient" et prenaient les décisions tout en laissant croire aux hommes que c'étaient eux "les chefs".
J'arrête ici cette digression sur mon expérience personnelle pour en venir enfin au sujet principal de cet article: quelques femmes célèbres de l'histoire de la Tunisie.

Depuis la révolution et les dangers que peut faire courir aux femmes un recours à l'obscurantisme des extrémistes, j'ai fait quelques recherches et je vous livre ici quelques lignes sur l'importance de certaines femmes à travers l'histoire du pays. Je n'en ai évidemment choisi que quelques-unes parmi les très nombreux exemples que nous fournit l'Histoire ancienne ou contemporaine. Et je ne parlerai d'elle qu'en quelques lignes, n'ayant pas ici la prétention d'écrire des biographies.

Entre mythologie et légende, je commencerai par Didon (Elyssa) , Phénicienne ayant quitté sa ville d'origine (Tyr) et qui aurait fondé Carthage en 815 avant JC, en obtenant du seigneur local l'octroi d'une terre en bordure de mer, grâce au stratagème de la peau de bœuf.

Dans l'histoire ancienne, nous trouvons aussi la Kahena, figure emblématique de la guerrière berbère, issue de la tribu des Djeraya,: celle que l'on surnomme une des premières féministes d'Afrique du Nord.
En 686, elle prend la tête des tribus d' Afrique du Nord pour lutter contre les Omeyades et va régner sur l'Ifriqiya (territoire qui correspond à l'Algérie, la Tunisie et la Tripolitaine) pendant 5 ans.

Je ne parlerai pas d'Aziza Othmana, grande figure féminine tunisienne également, sur qui un article a déjà été écrit dans ce blog.

Je passe maintenant à l'époque plus contemporaine et j'ai choisi quelques figures qui m'ont frappée par leur intelligence et leurs engagements dans la cause des femmes et du pays.

Nebiha BEN MILED (1919-2009) : infirmière et assistante sociale qui toute sa vie a été une grande militante indépendantiste et féministe et qui a fondé l'Union des femmes musulmanes.

Souhayr BELHASSEN, étudiante de Sciences Politiques à Tunis puis à Paris, journaliste et écrivain, grande militante des droits de l'homme et faisant partie de la Ligue tunisienne des droits de l'homme , et à ce titre, souvent fustigée par les dirigeants du pays.

Sophie BESSIS, issue d'une famille de la grande bourgeoisie juive tunisienne. Agrégée d'histoire, , elle a plusieurs cordes à son arc.
Elle a été rédactrice en chef de Jeune Afrique. Elle est aussi directrice à l'Institut des relations internationales et stratégiques de Paris, secrétaire adjointe du FIDH, elle enseigna à la Sorbonne et à l'Institut national des langues et civilisations orientales.
Elle est aussi écrivain, auteure de plusieurs ouvrages (Habib Bourguiba, en 1988, Femmes du Maghreb en 1983, les Arabes, les femmes et la liberté en 2007, etc....)

Gisèle HALIMI. Née à la Goulette dans une famille juive traditionaliste, elle devient avocate et entre au barreau de Tunis en 1949 puis part à Paris.
Combattante acharnée de la lutte féministe, très engagée, elle lutte pour l'indépendance de la Tunisie et de l'Algérie.
A Paris, aux côtés de Simone de Beauvoir, elle fonde le mouvement féministe en 1971 et se bat pour la dépénalisation de l'avortement et le droit des femmes.
Elle écrit aussi de nombreux ouvrages (Cause des femmes en 1973, Le lait de l'oranger en 1988, la Kahina en 2006, Ne vous résignez jamais en 2009).

Nine MOATI. D'origine juive tunisienne, elle naît à paris en 1937 mais passe son enfance à Tunis.
A Paris, elle devient journaliste pour la radio, puis pour le magazine "Elle".
Elle écrit aussi de nombreux romans, traitant pour la plupart de la vie en Tunisie.
(Mon enfant, ma mère en 1974, l'Orientale en 1985 et son plus connu Les Belles de Tunis en 1983,......)

Voilà ma modeste contribution à ce blog "les Femmes de Tunisie".
Et j'espère que ces quelques exemples de "combattantes acharnées" du droit des femmes inciteront toutes les femmes tunisiennes actuelles à lutter pour garder leurs atouts et leur place prépondérante dans la société , et à se battre contre tous les obscurantismes.

jeudi 27 janvier 2011

Belgique, Tunisie: mes deux pays.





Comme le chantait Joséphine Baker, je peux dire, moi aussi que j'ai deux amours: mon pays natal, la Belgique et mon pays d'adoption (et celui où j'ai vécu le plus longtemps....) , la Tunisie.

Et bizarrement, la même année, soit 2010, tous les deux sont agités de soubresauts politiques qui changent complètement la vie de ces nations

Bien sûr, il y a de grosses différences entre les deux événements.

Pour la Tunisie, écrasée depuis des années sous une dictature policière contraignante et cruelle et un pillage de sa richesse économique par une famille mafieuse et sans retenue, la brusque révolte (mais qui couvait depuis longtemps chez des jeunes sans avenir et désespérés d'être des laissés pour compte de la société) les a délivrés d'un dictateur et d'une chape de plomb qui les empêchaient de parler et de vivre.
Et, si, comme dans toute révolution, le prix à payer a parfois été très lourd pour certains et a entrainé des dommages collatéraux (destructions et pillages et autres dérives), le résultat est heureux et porteur d'espoir d'un avenir meilleur: démocratie, droit à la parole, pluralisme, redistribution des richesses, etc....)
Il va falloir "de la patience, du travail, du sang et des larmes" (selon la formule de Winston Churchill lors de la guerre 40/45) pour reconstruire , avancer et retrouver sa dignité.
Mais, le jeunesse tunisienne et la classe moyenne de ce petit pays sont suffisamment matures, instruits et courageux pour y arriver.
En tout cas, je veux leur faire confiance et le croire.....

Par contre, pour mon pays natal, la Belgique auquel je reste très attachée et dans lequel plongent mes racines, je suis malheureusement beaucoup moins optimiste...

En effet, depuis le mois de juin 2010, date des élections législatives organisées après la chute du gouvernement à cause principalement de questions linguistiques et de la pléthore de partis qui ne veulent faire aucune concession, le pays détient le "triste et ridicule" record (plus de 7 mois) de nation sans gouvernement légitime et qui fonctionne tant bien que mal au gré de discussions stériles et sans issue...... (et plutôt plus mal que bien!!!)

On parle de régionalisation, de scission, on coupe les cheveux en quatre, on paie un nombre incalculable de ministres et de parlementaires qui "se bouffent le nez" à longueur de journée, qui n'avancent pas d'un pas, mais au contraire reculent, aucun ne voulant faire de concessions.

Le peuple, les travailleurs, bref à peu près tous les Belges ont à pâtir d'une manière ou d'une autre de cette situation qui s'ajoute à la crise économique mondiale....
Je ne parle pas ici des nantis et autres grosses fortunes qui continuent à s'enrichir sur le dos des autres....

De plus, la Belgique devient la risée des autres pays qui ont de plus en plus de mal à comprendre la situation! Et, nous-mêmes les Belges avons beaucoup de mal à nous y retrouver dans cet imbroglio et à expliquer!

Mais, la majorité ne veut pas d'une séparation du Nord (néerlandophone) et du Sud (francophone) : ce que le peuple veut, c'est une Belgique unie qui avance, progresse et redevienne ce qu'elle fut après la deuxième guerre mondiale: une des pays européeens leader dans les domaines industriel, économique et social.
Bref, un petit pays par la superficie mais grand par sa manière de vivre, soit un pays trilingue mais qui savait pratiquer l'art du compromis entre les différentes communautés, et qui semble avoir égaré la recette!!

Voilà, je m'arrête là mais il fallait que je parle et que je mette par écrit ce que je vis dans l'exaspération du côté belge, et l'anxiété mais aussi l'espoir du côté tunisien.

Être à cheval entre deux pays, deux cultures, deux familles est à la fois source d'enrichissements mais aussi d'angoisses et d'interrogations.....

dimanche 5 décembre 2010

La campagne




Citadine de naissance (je suis née à Liège, Belgique) il y a de cela "quelques années" déjà ...., j'ai, malgré cela, toujours aimé la campagne, les longues promenades à travers champs et dans les bois de sapins ou les forêts plus luxuriantes de feuillus.

Mes grands-parents possédaient une grande propriété en plein cœur des Ardennes belges où, enfant, j'ai passé de nombreuses vacances scolaires avec mes cousins et cousines.
En été, j'adorais partir à l'aventure avec ma grand-mère ou mon grand-père pour dénicher la clairière où je ferais le plein de framboises, le sous-bois où abondaient les myrtilles et les chemins creux bordés de ronciers couverts de mûres charnues qui nous tachaient les mains et les lèvres....
Remplir les paniers d'osier que nous emportions, tout en grappillant le maximum de fruits pour se rafraîchir, était un plaisir, et nous rivalisions d'ardeur afin d'être celui ou celle qui aurait le panier le plus plein. Puis, avant de rentrer, nous faisions une moisson de fleurs des champs et de feuillages afin de composer des bouquets éphémères.

Revenue de ces balades longues parfois de 10 km, fatiguée mais ravie, mes cousins et moi trions et lavions notre récolte afin que notre grand-mère puissent préparer les délicieuses confitures dont je n'ai jamais retrouver le goût!

L'hiver, d'autres joies nous attendaient : la neige, les batailles de boules, la recherche des traces d'animaux sauvages ou d'oiseaux ayant laissé leurs empreintes sur la couche blanche qui couvrait la campagne. Et parfois, l'émerveillement de voir surgir, à quelques pas, une biche, un renard et si l'on avait de la chance un cerf majestueux.

Venue après mon mariage m'établir en Tunisie, j'y ai toujours vécu en ville mais pas en plein centre. Il me fallait une banlieue plus calme avec des maisons dans de grands jardins: trop habituée à la verdure, et passionnée de nature et de plantes, il me fallait un espace vert devant mes fenêtres, et j'ai fini par trouver "chaussure à mon pied" : une petite villa entourée d'un grand jardin....

Venue des pays du Nord, habituée à la luxuriance d'une végétation de pays tempérés et très "arrosés", la campagne méditerranéenne m' a réservé bien des surprises et des émerveillements: de nouvelles espèces d'arbres et de fleurs, des parfums différents, mais aussi une région me rappelant délicieusement mes Ardennes d'enfance : la Kroumirie et ses forêts de chênes- liège, où je retrouvais un peu des paysages et du climat de ma jeunesse.